‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 4 sur 305 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

terai seule ici le feu incessant — de ses regards furieux, soutenue dans la vie — par cette unique pensée qu'il y a au monde un joyau — que je puis revoir encore.

Elle laisse tomber une larme.

POSTHUMUS

Ma reine ! ma maîtresse ! — Oh ! ne pleurez plus. Madame! de peur qu'on ne me soupçonne — avec raison (TaToir plus de tendresse— qu'il ne convient à un homme ! Je resterai — le plus loyal mari qui ait jamais engagé sa foi.

- Ma résidence sera à Rome, chez un nommé Pbilario, ~ QD ami de mon père qui ne m'est connu ~ que par correspondance. Adressez-moi là vos lettres, ma reine, — et je boirai de mes yeux chaque mot que vous m'écrirez, l'encre fûi^lle du fiel.

La Rehœ revient.

U RBDIE.

Soyez brefs, je vous prie. — Si le roi venait, je ne sais pas jusqu'où irait contre moi — son déplaisir.

ipart.

.Vimporte ! je veux diriger — ses pas par ici. Je ne lui procure jamais une souffrance, — qu'il ne me la paye comme un bienfait : — il achète cher mes cruautés !

Elle sort.

POSTHUMUS

Quand nous passerions à prendre congé l'un de l'autre

- tout le temps qui nous reste encore à vivre, — la douleur ^ la séparation ne ferait que grandir. Adieu !

IMOGÈNE

- Non, restez encore un peu : - vous sortiriez pour une simple promenade à cheval — que cet adieu serait encore trop court.

Elle (lélaciic on anot^au de son doigt.

Tenez, amour, - ce diamant me vient de ma mère;

88 GYMBELUIE.

prenez-le, mon cœur ; — mais gardez-le jusqu'à ce que toqs épousiez une autre femme, — quand Imogène sera morte.

POSTHUMDS.

Quoi! quoi! une autre femme? — Dieux clémeots, donnez-moi seulement celle qui m'appartient, — et reteDe^ moi des embrassements d'une autre — avec les liens deb mort!...

Mettaut l'anneau à son doigt.

Toi, reste ici, —tant que la sensation pourra t'y garder!... Et vous, ma suave beauté, — il ne suffit pas qu'en tous échangeant contre ma pauvre personne, — vous ayez infiniment perdu ; il faut encore que dans nos moindres trocs — ce soit moi qui gagne sur vous. Portez ceci pour l'amour de moi : — ce sont les menottes de l'amour ; je veux les mettre — à cette belle prisonnière.

U lui met nn bracelet an bras.

IMOGÈNE

0 dieux, — quand nous reverrons-nous ?

Gymbeline arrive précipitamment avec plusieurs seigneurs.

POSTHUMUS

Hélas ! le roi !

GYMBELINE, à Poslhumus.

— Arrière, être infâme! va-t'en! hors de ma vue! - ^ après cet ordre tu encombres encore ma cour — de ton it^ dignité, tu meurs ! Fuis ! — tu es un poison pour mon sanS

POSTHUMUS

Que les dieux vous protègent — et bénissent les gens ^i bien qui restent à la cour! — Je pars.

II sort.

IMOGÈNE

La mort n'a pas d'angoisse - plus poignante qu^ celle-ci.

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