‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 303 sur 305 · FE1UND · texte numérisé non relu

FE1UND

— U suffit, chère, tu as gagné le pari, ~ et je sois sûr qu'ils ne le nieront pas.

< Il j a ici une équivoque ab^lument intraduisible. On sait qu'en anglais femme se dit woman. Le poète, imaginant que le mot wcmam est composé du mot icoê, malheur, fléau et du mot maiit homme, se fonde sur cette étymologie prétendue pour déclarer que la femme est justement nommée le fléau de l^hommê. Heureusement pour la réputation de la plu!i belle moitié du genre humain, Télymologie véritable est toot antre. Le mot waman est <'v idem ment composé du mot tcomb, matrice, ei du mot mon, homsM.

478 LÀ SAUVAOB Amif¥01S£B, ETC.

ALPORMI.

«- Oui, FtnMdOt Uii* 8ii«^ i«pari, -^M* ^«rl« «ostfct j'en sois charmé, — je te doone ToloDtiers eent livret de ^Itt, •-m* velle doi poar ane Doavelle fille, — car Catherine n*esl plus la wim personne.

PBRANDO.

— Merd, cher père. Mesaiears, bonne nuit. — CaieaQ et m, a»

aliéna tous qnltter des ce soir. — rateta et mei, nùo» aonaei màés;

-* vona aatrea, tooa ètaa eondamnc-a. -^ Bi ior ce, adieo. Car maii^

Ions i notre lit.

Sortent Peraado, Catheriiie et Seadcr.

ÀLFONSO.

— Eh bien, Aorelias, que dites-vous A cela?

AURKLIUS.

— Croyei-oioi, mon père, je me réjoaia de rolr -^ q«e Peraadaaie femiaa a*accordenl ti amonreosêment.

eortaot AeréUua» Phnenià, Alfeoio ei ftièn. IMILIA.

•->Bh bien, Folider? rèvea-tn? Que die-4a, Thoaiaier

rOLtDOK.

«— le dis qae la es une mégère.

IMILU.

Cela fiot mieai qne d*4tre on agneaa.

Il FOLIDOK.

AUenSi poiaqne c'eal Ibil» partona.

Sortent Pqli4or et

latrent 4eax Ttleu portant SLt revêtu de set propres habita; fia le laiiMUî ak ib l'ont ramateé la veille, et piii» t'en vont; alors entre le CASamcnuL

LE CAVARBTIIR.

— Maintenant qne la naît sombre est passée, — et que le joorcaa mence i poindre dans le ciel de cristal, — il faut qae je me hâte de soriir : mais doaccmeotl qui est ici ?— Quoi ? Sly ! . . ô merveilleai ! n-til donc couché là toute la nuit? — Je vais réveiller. Je crois qa*il serait mert de fkim déjA, — si sa b< daine n*était pas ti remplie d*ale. — Allons. Sly I éveille-toi ! par pndear l —

SLY

Sim, donne-mol-z-eocore du vio ! Quoi ! est-ce qpe les açteors tOit partis t Kat-ce que je ne suis plus lord ?

LB CADAERTIga.

la lord ! peste soit de toi ! Allons! esHu ivre aaeoret

non». 479

SLT.

Qqi MU? Le eabartUtr ! 0 non DÎM I Itaii. j*«i M eMIê miit la plot magniqae réfe dont ta âiot jamais oui parier deai tovle ta fie.

' LB CABA&ETlBll.

— Oui, morblea ! mais to aurais mieox fait de rentrer ches toi, — car ta femme ?a te tancer poor avoir rêvé ici cette naît.

SLT.

— >EOe! allons donc! Je sais comment on apprivoise nne (émoM hergneiat. «<- Tei rêt é de cela tonte cette nnit, et to m'as réveillé dn meillenr rêve — ^e j'aie en de ma vie. Mais je vais, de ee pes, ironvtr ma femsM, — el je Taf privoiserai, moi anssi, si elle me fiche.

LE CiUURITIBR.

— Kh bien, attends, Slj ; je vais t*accoropagner, -** et tn me raconteras le reste du rêve qne tn as fait celte noit.

Us tortenL

(?3) Tout iit bien qui finit bien est une des dix-sept pièces de Shakespeare qui ne furent imprimées qu'après sa mort. Enregistrée au Suuionert* Hall le 8 novembre 1633« cette comédie parut la même année dans la grande édition publiée par Blount et Jaggard; elle remplit quinze feuillets de l'in-folio, suivant la Sauvage appriwiêée et précédant le Soir des rois (Twelfih niglu). Les éditeurs, qui ont pris soin de la diviser en cinq actes, ne se sont pas donné la peine de la diviser en scènes.

Aucun document ne permet de fixer l'époque à la'iuelle cette pièce fut représentée pour la première fois. Mais tout porte à croire, comme l'a conjecturé Malone, qu'elle avait été jouée, so\k un autre titre, avant la An du seitièroesièele. Le publieiste Mères, dans an livre qui contient une foule de renseignements pré» cieux sur la littérature au temps d'Elisabeth (WU^$ treagury)^ a donné la liste des pièces de Shakespeare déjà en vogue avant raiiiiée 1598; et, parmi ces pièces, il en désigne une intitulée Lofoe'i labours won [Peinei d'amours gagnées) comme contrepartie à cette autre comédie du poète Loce's labours lott (Peînea Mamours jierdues).

Aucune œuvre de Shakespeare ne nous étant parvenue sous ce nom, les commentateurs ont conjecturé avec toute apparence de rais4»n que le titre indiqué par Mères, Peines d^amour gagnées.

480 U SAUVAGK AFPBIVOISÉB, ETC.

devait s'appliquer primitivement à quelque comédie do maitR aujourd'hui connue sous un autre titre. Les critiques d'Aogieieni et d'Allemagne ont recherché» dans de longues el savantes &r sertations, quelle pouvait ôtre cette comédie. Les uns ont lOok que ce fût la Tempête; les autres que ce fût Tout eU bimfà finit bien. Coleridge a appuyé cette dernière conjecture de m immense autorité* et quiconque a fait une étude sérieuse des modifications du style de Shakespeare n'hésitera pas à partager l'opinion émise par l'illustre expert dans ses Lùerary remam, La Tempête appartient évidemment à la demfere époque shako* pearienne ; Jbut est bien qui finit bien appartient à cette période de transition qui commence à Roméo et JtUieite et qui s'arrête i Othello.

Dés son enfance» Shakespeare avait pu connaître, par la trado^ tion de Paynter, publiée en 1566, le conte de Boocace auquel il a emprunté la fable de sa comédie; et il est infiniment probable qu'il céda, dés sa jeunesse, aux sollicitations de ce beau sujet L'œuvre dut donc ôtre composée et jouée avant 1 598 ; et le Uiorieux triomphe obtenu par Hélène sur Bertrand justifiait Ibrt bien ce titre primitif: Peines i amour gagnées.

Touteet bien qui finit bien a été deux fois dérangé pour la scène anglaise pendant le dix-huitième siècle: la première fois, paras sieur Pilon, pour Uaymarket-Théâtre ; la seconde, par Kembk, pour Drury-Lane.

(24) 0 Lordf wr I cette exclamation, parait-il, était fort fo vogue à la cour. Ben Jonson la ridiculise dans une de ses piéees les plus célèbres, Efiery Man ovt ofhis humour.

(25) Les idiots, en Angleterre, étaient sous la tutelle du roi, qui s'emparait de leur fortune et les fai<^it garder par un prévôt oi shériff, chargé de les nourrir, fja pupille cTun prévôt était door une idiote.

(26) Mite-end green était un carrefour prés de la dlé de Ijoo-

NOTKS. 481

dres» où était représentée la farce des ChetaHÊrt de la TabU rofide.

(27) Au temps de Shakespeare, la fraise des geos i la mode s'empesait avec de l'empok jaum^ que Lafeu appelle ici viUeiifiotta wlfroH^ funeste safran.

(28) Allusion aux ardeurs de la maladie qui avait tué François 1*% et que les docteurs auglais» peu courtois à notre égard, appelaient morbm fotKeuê,

(29) Le texte original appelle en effet le nouveau venu a genik tutringer^ un gentilhomme fauconnier. Mais il est fort probable que le motaftrtn^er est une erreur typographique et que le poète avait écrit tout simplement a gentle gêrangetf un gentilhomme étranger.

(30) Tel est, littéralement traduit, le titre de la première édition connue de cette comédie. Ainsi que ce titre Tanuonce , Peines (f amour perdues est une des pièces que le poète a retouchées. Malone a conjecturé que l'esquisse primitive a dû être écrite vers 1594, et que l'auteur a dû y faire des additions dans l'intervalle qui sépare cette année de l'année 1597, époque où la comédie, définitivement refondue, fut jouée devant la reine. Parmi ces additions, le commentateur cite un passage où don Armado, se plaignant du peu d'égards que l'amour a pour les règles du duel, fait une allusion directe au traité de Saviolo, publié en 1595, Sur (honneur H sur les querelles honorables. Les conjectures de Malone paraissent fort plausibles, et tout porte à croire que Shakespeare, après avoir essayé cette comédie satirique sur une scène populaire, y fit des changements considérables eu vue de l'importante représentation qui devait avoir lieu i la cour. Il est certain, comme l'a fait observer M. Natinn Drako, que, par le style et par les idées. Peines damour perdues présente une corrélation frappante avec les Semneff, adressés spécialement au comte de Southampton. le signale plus loin des analo-

482 LA SAUVAGB APPIIIVOISÉE» KTC.

giee ptesque littéralet qui prouvent que les éênt cMmeft, Tfifi! dramatique et Tœuvre lyrique, ont été écrites sous UmAaieiBpiratioD et évidemment à la môme époque.

La eomédia de Peme$ (tanumr p$rdueê, jouée pv h tnqià lord cbambellan, obtint un grand suooée, s'il fout on enâiw élégie contemporaine signée du poète Robert Toflo. La criâfo Mères, dans son PaUadii Tamia (1598)« cite avec él<^eett pièce parmi celles que l'auteur aviit déjà livrées au pnUie : « De même que Plaute et Sénôque sont regardés comme tel oalleurs parmi les latins pour la comédie et la Irogédie* da Beat, parmi les Anglais, Shakespeare est le plus excellent dans la deux genres scéniques : témoins, pour la comédie, ses Gêntèkotnmes de Vérone^ ses Erreurs, ses Peines d^ amour perdues,» Peinez Samour gagnées^ son Songe (Tune nuit d^été et soo Jfcrchand de Venise; pour la tragàiie, son Richard 11^ son Kchard ÏII^ son Henri fT, son Roi Jean, soo TUtu Àninmm et son Roméo et JtdieUe.

Au siècle dernier, un auteur anonyme a composé sur le dodéle de Peùwê f amour perdues une comédie qui fut jooéi m 1762, sous ce titre : lêsÂudiatUs.

Rw (31) Shakespeare a donné à son maître d'école le même a«a

que Rabelais au précapteur de Gargantua : « De faiet, l'ao in enseigna un grand docteur sophiste, nommé maîstre ThiW UoLoriRiiB, qui lui apprint sa charte, si bien qu'il la disoit fu cœur au rebours. »

j (32) Allusion au fameux Marooco» si merveilleusement drm

K par Técuyer Bankes. Outre Shakespeare, loe plus célébras poèns

anglais, Ben Jonson, sir Wal ter Raleigh, Deoker» Taylor, Middleiai. ont chanté ce cheval étonnant qui montait jusqu'au haut de Saiat- Paul au grand trot. Après avoir donné des représentations, en 1601, rue Saint-Jaoques, i Paris, Marocco commit Timprudence d»* s'en aller à Rome, où il fut brûlé comnie sorcier en compagnie de son maître, qu'on accusa d*étre son complice! Encore uo crime que l'histoire catholico-royaliste a oublié et qu'il faut ajouter au monstrueux dossier des crimes d'État.

(33) La Ugtadt dit amoura du rai oufiiieiiia avta la «radiante PénélophoQ était fort populaire au temps de Shakespeare qui, en reparle dans lèméo m JnHtm. Rlie eoDtient dii ceupleu. Voici la praaiitf :

i*al la qu'aairafoit aa Afrique

Ud iirt pnoeiar r4§aaitt

Qui avait nom Cophétoa.

SaloD la fiction dat poétaa.

Il M dérobait aoi lois de natora,

Car, pour sûr, il c'avait pat mai f^ta ;

Il ne aa aondait pat des fammea.

Mais les dédaignait tontes.

Mais voyas ae qui an Jonr hil adiriat.

Caoïaka il était à la fenêtre.

Il fit nne mendiante an gria.

Qui lai eaaaa biaa des peinas.

Le seooud couplet est devenu mémorabley grAea i la ailatian partielle qu'en fait Mercutio :

L'aveugle enfant qnl tire ai jaste Deaceadit vite da aial .

Prit nn dard et tire aar lui A readtait oè il étaU placé i Aassitôt la roi fat percé an vif.

Bt quand il sentit la pointe de la flècbe Qui adhérait à son tendre cceur, 11 sembla comme s'U allait mourir.

Quel est, dit-il, ce changement soudain? Faut-il que je sois svyet à Tamaar, Moi qui n'y ai jamaia consenti, Et qui n*ai cessé de le délier?

(34) Une pensée analogue se retrouve dans les Sonneu de Shakespeare : « C'est faire marchandise de ce qu'on aime que d'en publier partout la riche estimation ^ »

I Saaaal tOt dana l'éditîan angUiaa, lU daaa aaaa édilioa*

(35) Refrain d*une cbaDSon d*amour aujourd'hui peidue.

(36) Le branle du bouqua était une danse par laqodle les U commençaient généralement dans la seconde moitié da snâèiBe siècle. Un petit livre imprimé à Anvers, en 1579, sons ce titre : Deux dialogues du langage français iialiamsé^ en fait la description suivante : « Un des gentilshommes et une des dames, éi»si les premiers en la danse, laissent les autres (qui cependant oodûpuent la danse), et, se mettant dedans ladite compagnie, vcwttnsantpar ordre toutes les personnes qui y sont : à savoir le gentilhomme les dames, et la dame les gentishommes. Puis, ayntt achevé leurs haisements, au lieu qu'ils étaient les premiers eo !i danse, se mettent les derniers. Et cette façon de faire se cooiioiK par le gentilhomme et la dame qui sont les plus procfaaiDs. josqu*à ce qu'on vienne aux derniers. » P. 385. — Le garde des sceaux Hatton, dont la reine Elisabeth admirait fort la belle jambe, s'était acquis une grande réputation par le talent af«e lequel il ouvrait cette danse.

(37) Venvoy était, comme chacun sait, la strophe finale qui terminait nos vieilles poésies françaises et qui, avec la dédiciee, contenait généralement la morale de chaque pièce. La coutume de Cenwy s'était introduite dans la prosodie britannique.

"l . (38) Monarcho, sobriquet donné à un maniaque italien, nommé

Bergamasco, qui se figurait être le roi de l'univers.

(30) La reine Guinever ou Genièvre était l'épouse fort peo fidèle du fameux Arthur, roi de la Table Ronde.

(40) Dans le dictionnaire italien de John Florio, ce pédant dont nous avons parlé à Tintroduction, on trouve les deux dé6nilions suivantes : Coblo, heaven^ the sky or u>elkin ; Terra, earth, land.soiL Ce sont ces deux définitions qu'dolopherne répèle littéralement : CoELO, the sAiy, the welkm^ the hearen (le ciel le firmament, Tempyrée) ; Tbhra, theeoU,the land, the earth (lé sol, le

continent, la terre); Shakespeare lance ici directement Tépigramme contre le Yadius anglais.

(41) Ce bon vieux Mantouan qu*Holopherne cite avec tant d'admiration est le carme Jean -Baptiste de Mantone» dont les iglogues furent traduites en anglais par George Tuberville, dès 1567.

(42) Encore une citation empruntée par Shakespeare i son en* nemi littéraire. Dans son.livre des Seâmdi fruUê (in-4*| 1691)» Florio écorchait ainsi le proverbe italien sur Venise :

FefMfia, chi non ti vede non H pntia; Ma chi ti vede, bengU oosto.

(43) Dans un des sonnets qu'il adresse i sa brune bien-aimée» Shakespeare répète presque littéralement l'amoureux de la brune Bosaline. ^ Biron dit :

To things ofsale a seUefs jpraise behngs.

« Cest aux choses à vendre qu'il but l'éloge d'un vendeur. » Shakespeare dit :

IwUnot praise, thaipurpose not to telk

c Je ne veux pas vanter ce que je ne désire pas] vendre. » ^SonnH 21 dans l'édition anglaise, 18 dans mon édition.

(44) Shakespeare a reproduit à l'éloge de sa maîtresse cette hyperbole de Biron, lorsqu'il a dit dans son onzième sonnet :

Then wiU / Bwear beauty herself is black^ Ànd ail th$y foui, that thy œmpleonon lack.

« Alors je jurerai qu'il n*y a de beauté que la brune et qu'elles sont toutes laides celles qui n'ont pas ton teint. »

(45) Ici encore l'amoureux des Sonneu parle comme Biron :

My mistress* eye$ are raven black,

Her ayes lo $uiUd; and they moumers smm VI. 81

Il ■'

486 Là Sauvage âmiivoisÉE, etc.

Aiênekt Mjho. nolbomfairt no btmàiy iackp

Slandering création wish a faim Mêêtn : Yet so tliey moum, beooming of their tooe») That every tongue says, beauty shotM look jd.

« Lh yeux de ma rïidirMse soot aoin eommê le eorteii,s cette eoaleur leur tied( car ils aemblent porter I0 àêm\ è»m ces beautés qui, a'étaat pas nées blondes, calomnient k MÉM par une fausse apparence. Mais la couleur du deuil va si bieii ses j%\kx chagrins que tout le monde dit : € Li btâuié démit te brune. » Sonmê 9, édition française ; 187, éditioD angiiin.

C'est, on le voit, la même idée exprimée preeque dm ii mômes termes. Je m'étonne que cette analogie frappante entre i poème et la comédie ait jusqu'ici échappé à loua les commefifi^ leurs. — Il est probable, selon moi, que, lorsque Shakespe» composait Peines (i'amourperduea, la brune et sémillante bérv de ses Sonnets posait devant lui polir le personoage de Roâliiie Cette conjecture, si elle était fond^, donnerait un intérêt doevea à la coquette figure que le poète a mise sur la scène.

(46) Rosaline semble ici se moquer des marques que la pcit vérole a laissées sur le visage de Catherine.

(47) C'était l'inscription que Tob mettait sur la porte des oisons pestiférées.

V (48) L'intermède que le poète introduit ici est une parodiée

I cette farce, si populaire parmi nos aîeux, où figuraient côte à (^

les héros de Tantiquité païenne, de l'antiquité juive et du mofs ^ âge. Dans cette farce» résumé naïf de la légende humaine, toai»

les grandes traditions se troueraient représentées : la traditK^ grecque, par Hector et par Alexandre; la tradition romaine, p> César ou par Pompée ; la tradition judaïque, par Josué, par Difi^ et par Judas Machabée; la tradition celtique, par le roi Arthar; enfin, la tradition germanique, par Cbarlemagne et parGodefr^ de Bouillon, le chef de la première croisade. Shakespeare a oedifié d'une façon curieuse la compodiiion de rhéroïqua ce-

nacle : il a substitué Hercule i Arthur. Cette substitution semble donner force k la conjecture qui ne voudrait voir qu'un seul et même personnage dans le fils de Jupiter et dans le bâtard d*Uther. Il est certain qu'il y a entre l'histoire du demi-dieu et celle du roi Breton des analogies frappantes; Arthur a été protégé par Merlin aussi efficacement qu'Hercule par Mercure ; l'un a été trahi par Genièvre comme l'autre par Déjanire.

(49) Quand le grand Pompée paraissait avec son costume héraldique, il portait sur la genouillère une figure de léopard.

(50) Une estampe coloriée, du quinzième siècle, qu'on peut voir i la Bibliothèque nationale, en tète d'un manuscrit du fonds de Colbert, représente Alexandre chevauchant sous un portique roman, entre Hector et Julius Caesar. Le roi de Macédoine, couronné d'or et bardé de fer, brandit de la main droite une lance, et, de la gauche, son écu traditionnel. Cet écu porte, sur champ de gueules, un lion d'or séant en une chaise et accosté d'une masse d'argent. Ce sont ces armes avec lesquelles paraît Hoiopherne et qui provoquent les lauis de Trogne.

(5!) Dans l'argot d'alors, le filou était un Troym; dans Tar^ got de nos jours, il a passé k l'ennemi et s'est fait Grec.

riM DES M0TB8.

EXTRAIT DU DÉCAMf^.RON DE BOGGACE

TRADUIT PAR MAITRE AMTOIRI UDIAÇOM.

Troitième Journée.

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