‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 60 sur 305 · DEUXIÈME GEOLIER · texte numérisé non relu

DEUXIÈME GEOLIER

Oui» et de l'appétit.

Les geôliers sortent.

POSTHUMUS

- Sois la bienvenue, captivité! car tu es, — je le crois, la voie vers la délivrance! Après tout, je suis plus heureux -que le malade de la goutte, lequel aimerait mieux— gémir i perpétuité que d'être guéri — par la mort, cet infaillible médecin qui a la clef — de toutes ces serrures... 0 ma conscieDce ! c'est toi qui es aux fers — bien plus que mes jambes elroes poignets. Dieux bons, donnez-moi — Tinstrument du repentir pour lui ouvrir le verrou — et la délivrer à jamais ! Suffit-il que j'aie des regrets? —Avec des regrets les enfants ; «paisent leur père temporel, — et les dieux sont pins misé- [. ricordieux encore. Si je dois faire acte de pénitence, — je Depuis mieux le faire que dans cette captivité, — pins volontaire que forcée... S'il faut que je m'acquitte — pour oblei^ir ma liberté, dieux, — contentez-vous de prendre tout mon ^ mortel. — Je sais que vous êtes plus cléments que les

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vils créanciers humains — qui acceptent de leurs débiteurs un tiers, - un sixième, un dixième » et qui les laissent prospérer de nouveau — en leur faisant remise du reste.... Ce n'est pas ce que je demande : - en échange de la chère vie d'Imogène, prenez la mienne; bien — qu'elle ne la vaille pas, c'est encore une vie frappée à voire coin. — Entre hommes, on ne pèse pas toutes les monnaies ; — si légères qu'elles soient, on les accepte pour l'image : — vous m'accepterez, moi qui suis fait à la vôtre. Ah ! puissances célestes, — ne me refusez pas ce règlement, prenez ma vie, —et faites-moi quitte de ces froides entraves. 0 Imogène ! — je veux te parler en silence.

11 8*endort.

Mnsiqae solennelle. Entre, comme en ane apparition, SiaLlUS Lfio- NATUS, père de Posthumas, vieillard vêtu comme un guerrier. Il conduit par la main sa femme, matrone Agée, la mère de Posthumos. La musique joue de nouveau. Arrivent alors les deux jeunes L&ONA- TUS, frères de Posthumus, laissant voir les blessures dont ils sont morts à la guerre. Tous font cercle autour de Posthumus endormi.

SIGIUUS.

0 toi, maître du tonnerre, cesse d*exhater

Ton 4épit contre les essaims humains, Emporte-toi contre .Mars, nuerelle-toi avec Jonon

Qui compta tes adultères

Et s'en venge.

Mon pauvre enfant n'a-t-il pas toujours fait le bien?

Et je ne Tai jamais vu !

Je suis mort, tandis qu'il était dans le sein de sa mère,

Allendant l'ordre de la nature.

Ah ! si les hommes ont raison de dire

Que tu es le père de Torphelin, Tu aurais dû être «^on père, el le défendre

Des maux qui tourmentent la terre.

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