SCÈNE XIV
POSTHUMUS, le releYaot.
^e TOUS agenouillez pas devant moi. —Le pouvoir que je prends sur vous est de vous épargner ; — ma vengeance envers vous» c'est de vous pardonner. Vivez — et agissez mieux avec d'autres.
GYMBEUNE.
Noble sentence ! — Un gendre nous enseigne notre privilège. — Le mot d'ordre pour tous est : Pardon !
ÂRVIRAGUSy à Posthamas.
Vous nous avez assistés > seigneur, — comme si vous « vous vous croyiez en effet notre frère ; — nous sommes heureux que vous le soyez.
POSTHUMUS
— Votre serviteur, princes !
A Lacios.
Non bon seigneur romain, — appelez votre devin. Pendant mon sommeil, il m'a semblé — que le grand Jupiter, monté sur son aigle, — m'apparaissait avec les fantômes — de ma propre famille. En me réveillant, j'ai trouvé - sur mon sein ce grimoire dont la teneur — est si obscure que je ne puis — y trouver de sens : qu'il montre — sa science en nous l'expliquant.
LICIUS.
Philarmonus !
LE DEVIN
- Me voici, mon bon seigneur.
LUCIUS
Lis cela, et dis-en la signification.
LE DEVIN, lisant.
0 QuaQd on lionceau, inconna à lai -100016, trouvera, sans le clierch«r, uu soofHe d*air leodre qui Terabrassera, et qoaod des rameaux, détachés d'an cèdre auguste et morts depuis longues aonées, revivront pOQT être réunis à leur antique souche et reverdir de nouveau ; alors les misères de Posthumus seront terminées, la Bretagne sera heureuse H fleurira dans l'abondance et dans la paix, n
226 CYMBEU5E.
— Toi, Léonatus, tu es le lionceau, — ainsi que la construction logique de ton nom : - Léo natus nous Tindique.
A Cjmbeline.
Le souffle (Tair tendre est ta vertueuse fille : — pour air tendre, nous disons mollis aer ; et de molUs aer, — nous faisons mulier, femme. Cette femme, je le devine, —c'est la plus constante de toutes, c*est la vôtre.
Il se toarne vers Po<tthumas.
Tout à l'heure encore, —justifiant la lettre de Toracle, - . sans le savoir et sans le vouloir, elle vous étreignait — de l'air le plus tendre.
CTMBEUNE.
Tout cela est assez probable.
LE DEVIN
— Le cèdre auguste, ô royal Cymbeline, — te personnifie ; les rameaux détachés, ce sont — tes deux fils, qui, enlevés par Bélarius, — et censés .morts depuis longues années, viennent de revivre, — pour être réunis au cèdre majestueux, dont les rejetons — promettent à la Bretagne l'abondance et la paix.
Eh bien ! — commençons par la paix... Caïus Lucius, quoique vainqueurs, nous nous soumettons à César — et à Tempire romain, et nous promellons - de payer notre tribut accoutumé. Nous ne l'avions refusé — que d'après les conseils d'une reine criminelle; — et le ciel, dans sa justice, a fait tomber sur elle et sur sa race — tout le poids de son bras.
LE DEVIN
— Que les puissances d'en haut règlent de leurs doigts — l'accord harmonieux de cette paix! La vision — que j'avais fait connaître à Lucius, avant le premier choc - de cette bataille à peine refroidie, vient de s'accomplir — pleinement. J'avais vu l'aigle romaine, —prenant son essor du sud vers
SCÉiNE XXV. 227
l'ouest, - décroître ets'évanouirdans les rayons — du soleil ; ce qui présageait que notre aigle auguste, — Timpérial César, resserrerait — son alliance avec le radieux Cymbeline — qui brille ici, à Toccident.
CTMBEUNE.
Louons lesdieux ! —Et que nos fumées ondoyantes montent à leurs narines — de nos autels bénis ! Annonçons cette paix - à tous nos sujets. Mettons-nous en marche. Que ~ les enseignes romaines et bretonnes flottent — amicalement unies ; traversons ainsi la ville de Lud, — et allons dans le temple du grand Jupiter - ratifler notre paix ; scellons-la par des fêtes ! — En avant ! . . . Jamais guerre ne se termina — par une paix pareille, avant que les mains sanglantes fussent lavées !
Ut s'en vont.
FIN DE GYMBELINB.
LA
Tragédie d'Othello,
Le More de Venife.
Telle quelle a été diuerfes fois jouée au
Globe, et aux Black Friers, par
les Seruiteurs de Sa Majejlé.
Ecrit par William Shakespeare.