‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 71 sur 305 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

'VeÛM. Une place snr laqDelle est sitoée la maison de Brabantio.

11 fait nait.]

Arrivent RODERIGO et Iago.

RODERIGO

- Fi ! De m'en parle pas. Je suis fort contrarié — que toi, Iago, qui as usé de ma bourse, — comme si les cordons t'appartenaient, tu aies eu connaissance de cela.

lAGO.

- Tudieu ! (17) mais vous ne voulez pas m*entendre. - Si jamais j*ai songé à pareille chose, — exécrez-moi.

RODERIGO

îum'as dit que tu le haïssais.

UGO

^ Méprisez-moi, si ce n'est pas vrai. Trois grands de la Cité - vont en personne, pour qu'il me fasse son lieute- °*nt, le solliciter, —chapeau bas ; et, foi d'homme, —je sais ^on prix, je ne mérite pas un grade moindre. — Mais lui, ^ïJticho de son orgueil et de ses idées, — répond évasive- ^^fït, et, dans un jargon — ridicule, bourré de termes ^^ guerre, — il éconduit mes prolecteurs. En vérité, dit- '•"* Z'" ^éjà choisi mon officier. — Et quel est cet of- "^'er? - Morbleu, c'est un grand calculateur, -un Michel

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Cassio, un Florentin, - un garçon presque condamné à la vie d*une jolie femme, - qui n'a jamais rangé en bataille un escadron, — et qui ne connaît pas mieux la manœuvre — qu'une donzelle ! Ne possédant que la théorie des bouquins, — sur laquelle des robins bavards peuvent disserter— aussi magistralement que lui. N'importe! à lui la préférence ! Un babil sans pratique — est tout ce qti'il a de militaire. — Et moi, qui, sous les yeux de Tnutre, ai fait mes preuves — à Rhodes, à Chypre et dans maints pays — chrétiens et païens, il fout que je reste en panne et que je sois dépassé — par un teneur de livres, un faiseur d'additions! — C'est lui, au moment venu, qu'on doit faire lieutenant, — et moi. je reste l'enseigne (titre que Dieu bénisse !) de Sa Seigneurie more.

RODERIGO

— Par le ciel, j'eusse préféré être son bourreau.

UGO

— Pas de remède à cela , c'est la [daie du service. - L'avancement se fait par apostille et par foveur, — et non d'après la vieille gradation qui fait du second — l'héritier du premier. Maintenant, Monsieur, jugez vous-même - si je suis engagé par de justes raisons — à aimer le More.

RODERIGO

Moi, je ne resterais pas sous ses ordres.

lAGO.

— Oh ! rassurez-vous, Monsieur. —Je n'y reste que pour servir mes projets sur lui. — Nous ne pouvons pas tous être les maîtres, et les maîtres — ne peuvent pas tous être fidèlement servis. Vous remarquerez — beaucoup de ces marauds humbles et agenouillés — qui, raffolant de leur obséquieux servage, - s'échinent, leur vie durant, comme l'Ane de leur maître, - rien que pour avoir la pitance. Se font-ils vieux ? on les chasse : - fouettez-moi ces honnêtes drôles !... Il en est d'autres — qui, tout en affectant les formes et les visages du dévouement, — gardent dans leur

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