‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 85 sur 305 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

[Chypre. Près de lu plage.]

Arrivenl MONTANO et DEUX GENTULSHOMMES.

MOXTÂÎiO.

— Que pouvez-vous distinguer en mer du haut du cap ?

PREiUER GENTILHOMME.

— Rien du tout, tant les vagues sont élevées ! — Entre le ciel et la pleine mer, je ne puis — découvrir une voile.

MONTANO

Il me semble que le vent a parlé bien haut à terre ; — ja-

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plus rudes rafales n'ont ébranlé nos créneaux. — S*il a fait autant de vacarme sur mer^ - quelles sont les côtes de chêne qui, sous ces montagnes en fusion, — auront pu garder la mortaise? Qu'allons-uous apprendre à la suite de ceci?

DEUXIÈME GEimLHOMME.

^ La dispersion de la flotte turque. — Pour peu qu'on se tienne sur la plage écumante, — les flots irrités semblent lapider les nuages ; — la Jame, secouant au vent sa haute et moDsiraeuse crinière, —semble lancer l'eau sur l'ourse flambojante — et inonder les satellites du pâle immuable. — Je D*ai jamais vu pareille agitation — sur la vague enragée.

MONTANO

Si la flotte turque — n'était pas réfugiée dans quelque baie, elle a sombré. - Il lui est impossible d'y tenir.

Arrif e on TROISIÈME GENTILHOMME.

TROISIÈME GENTILHOMME

— Des nouvelles^ mes enfants ! Nos guerres sont finies ! ' Cette désespérée tempête a si bien étrillé les Turcs— que leurs projets sont éclopés. Un noble navire, venu de Venise» —a vu le sinistre naufrage el la détresse — de presque toute leur flotte.

MONTANO

Quoi ! vraiment ?

TROISIÈME GENTILHOMME

Le navire est ici mouillé, — un bâtiment véronais. Michel Cassio, — lieutenant du belliqueux More, Othello, — a débarqué ; le More lui-même est en mer — et vient à Chypre avec des pleins pouvoirs.

MONTANO

— J'en suis content : c'est un digne gouverneur. V 17

262 OTHELLO

TROISIÈME GENTILHOMME

— Mais ce même Cassio, tout en parlant avec satisfaction — du désastre des Turcs, paraît fort triste, — et prie pour le salut du More : car ils ont été séparés - au plus fort de cette sombre tempête.

MONTANO

Fasse le ciel qu'il soit sauvé! — J'ai servi sous lui, et rhomme commande — en parfait soldat. . . Eh bien ! allons sur le rivage. —Nous verrons le vaisseau qui vient d'atterrir, et nous chercherons des yeux le brave Othello — jusqu'au point où la mer et l'azur aérien — sont indistincts à nos regards.

TROISIÈME GENTOHOMME.

Oui, allons ! - Car chaque minute peut nous amener — un nouvel arrivage.

ArriYe Cassio.

GASSIO, À MonUDO.

— Merci à vous, vaillant de cette île guerrière, — qui appréciez si bien le More ! Oh ! puissent les cieux - le défendre contre les éléments, — car je l'ai perdu sur une dangereuse mer !

MONTÀNO.

Est-il sur un bon navire ?

GâSSIO.

" Son bâtiment est fortement charpenté, et le pilote — a la réputation d'une expérience consommée. — Aussi mon espoir, loin d'être ivre-mort, —est-il raffermi par une saine con&ance.

voix AU DEHORS.

Une voile ! une voile! une voile!

Arrive qd autre gentilhomme.

CASSIO

— Quel est ce bruit ?

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