LIV
Or ont les folz amans le bont.
Et les dames prins la voilée;
C'est le droit loyer qu'amours ont :
Toute foy y est vioUée,
Quelque doulx baisers n'acollée s .
« De chiens, d'oyseaulx, d'armes, d'amours,
— Chascun le dit à la voilée —
Pour ung plaisir mille doulours. »
I. Quioatde la peau, qui pendent. — 2. Tachetées. — 3. Brins de chanvre dépouillés de l'écorce (Longnon). — 4. Arriver, advenir. — 5. Malgré les doux baisers ou les accolades que l'on se donne.
bS— FRANÇOIS VILLON
Double Ballade sur le mesme propos
POUR ce, aimez tant que vouldrez, Suyvez assemblées et f estes, En la fin ja mieulx n'en vauldrez Et si n'y romprez que vos testes ; Folles amours font les gens bestes :
Salmon en ydolatria; Samson en perdit ses lunetes.
Bien est eureux qui riens n'y a !
Orpheûs, le doulx menestrier.
Jouant de fleustes et musetes, En fut en dangier de murtrier ^ Chien Cerberus à quatre testes ; Et Narcisus, le bel honnestes, En ung parfont puis se noya.
Pour l'amour de ses amouretes...
Bien est eureux qui riens n'y a !
Sardana, le preux chevalier Oui conquist le règne de Crêtes, En voulut devenir mouiller « Et filler entre pucelettes; Dayid le roy, sage prophètes, Crainte de Dieu en oubha.
Voyant laver cuisses bien faites...
Bien est eureux qui riens n'y a !
Amon en voulst deshonnourer, Faignant de menger tarteletes, Sa seur Thamar, et desflourer, Oui fut inceste deshonnestes ;