‹ François Villon (1431-1463), sa vie son œuvreChapitre 30 sur 83 · LIV · texte numérisé non relu

LIV

Or ont les folz amans le bont.

Et les dames prins la voilée;

C'est le droit loyer qu'amours ont :

Toute foy y est vioUée,

Quelque doulx baisers n'acollée s .

« De chiens, d'oyseaulx, d'armes, d'amours,

— Chascun le dit à la voilée —

Pour ung plaisir mille doulours. »

I. Quioatde la peau, qui pendent. — 2. Tachetées. — 3. Brins de chanvre dépouillés de l'écorce (Longnon). — 4. Arriver, advenir. — 5. Malgré les doux baisers ou les accolades que l'on se donne.

bS— FRANÇOIS VILLON

Double Ballade sur le mesme propos

POUR ce, aimez tant que vouldrez, Suyvez assemblées et f estes, En la fin ja mieulx n'en vauldrez Et si n'y romprez que vos testes ; Folles amours font les gens bestes :

Salmon en ydolatria; Samson en perdit ses lunetes.

Bien est eureux qui riens n'y a !

Orpheûs, le doulx menestrier.

Jouant de fleustes et musetes, En fut en dangier de murtrier ^ Chien Cerberus à quatre testes ; Et Narcisus, le bel honnestes, En ung parfont puis se noya.

Pour l'amour de ses amouretes...

Bien est eureux qui riens n'y a !

Sardana, le preux chevalier Oui conquist le règne de Crêtes, En voulut devenir mouiller « Et filler entre pucelettes; Dayid le roy, sage prophètes, Crainte de Dieu en oubha.

Voyant laver cuisses bien faites...

Bien est eureux qui riens n'y a !

Amon en voulst deshonnourer, Faignant de menger tarteletes, Sa seur Thamar, et desflourer, Oui fut inceste deshonnestes ;

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