SCÈNE III
LES MÊMES. — ULRICH, entrant par le fond. Sans élre aperçu des truands, dont l'attention est concentrée sur Riflle-Pécune, il va s'asseoir, seul, à une table de droite, près de la porte.
ulrich, à part. — Comment! c'est dans un repaire semblable que mailre Villon m'a donné rendez-vous!
riffle-péCune, aux truands. — N'est-ce pas que l'idée de François était in- • génieuse?
girard. — Il n'y avait que lui pour la concevoir.
riffle-pécune. — Oui... mais tout n'est pas rose, même dans une repue franche; èt mçssire le grand prévôt, instruit du tour de notre cher compaing, a lâché toute sa meute à ses trousses. »
perrot. — Quelle tyrannie !
riffle-pécune. — Pas plus tard qu'hier soir, mailre François allait être
pris, quand un jeune homme qui passait a mis l'épée à la main, et l'a bravement aide à se tirer d'affaire.
perrot. — Et messieurs du guet ont été rossés? »
riffle-pécune. — C'est l'usage.
Girard. — Quel peut être ce jeune homme, ce miraculeux sauveur?
riffle-pécune. — Oh!... sans doute un écolier de l'amplissime Université, un clerc de l'illustrissime Bazoche... Qui sait?... peut-être un membre de notre sainte confrérie, un sujet de l'empire de Thunes.
clrich, se levam. — Par Notre-Dame ! c'est faux !
girard. — Tiens ! qu'est-ce qu'il lui prend donc, à celui-là, et de quoi se mêle-t-il?
ulrich. — Je le connais, moi, celui qui a porté secours à maître François Villon; et je puis bien vous acertainer que, s'il l'a fait, c'était comme homme, et non comme complice. (Murmure des truauds.) Je vous le déclare tout haut : il n'est pas, grâce à Dieu, de votre honorable confrérie.
riffle-pécune. — Ah ! çà, d'où vient-il, ce beau muguet?
girard. — C'est un espion de la prévôté.
tous. — Oui ! oui! à mort, l'espion!... à mort ! à mort! (Les truands tirent
îeurs couteaux et se précipitent vers Ulrich.)
ULRICH, répée à la main, «'adossant contre le mur de droite. — Malheur ail premier qui avance !