SCÈNE VII
LA HEAULMIÈRE. - PICTOU. Puis US HOMME MASQUÉ. LA HEAULMIÈRE, regardant partir Ulrich et Villon. — Est-ce que ce gueux de
François voudrait encore débaucher ce jeune homme?... Il en serait bien capable, le scélérat!... et dire qu'autrefois c'était un garçon si noble et si sage !... Mon Dieu! comme la mort de sa mère et l'enlèvement de son frère l'ont changé, de la veille au lendemain I
un homme masqué, entrant par le fond. — C'est bien ici, n'est-ce pas? la taverne du Trou de la Pomme de Pin?
PICTOU, qui a range les tables pendant le monologue de La Heaulmière. — Oui, mon
gentilhomme, c'est ici... Entrez : que faut-il vous servir?
le masque. — Je voudrais parler à la maîtresse de céans.
la heaulmière. — C'est moi. Que me voulez-vous, messire? (A part.) Ce masque-là ne me revient pas du tout.
LE MASQUE, à part, en examinant l'hôtesse. — Vieille... brusque... ellè doit
être avare... Nous la ferons jaser.
la heaulmière. — Est-ce du vin ou du poiré que sa seigneurie veut boire ?
le masque. — Je veux seulement vous dire deux mots.
FRANÇOIS VILLON. 23 LA HEAULMIÈRE. — Je VOUS éCOUte.
le masque , bas. Renvoyez d'abord ce garçon. Il faut que nous soyons seuls.
LA HEAULMIÈBE. — Ah !
LE MASQUE. — Oui.
la heaulmière. — Soit ! (APictou.) Laisse-nous.
pictou , à part. — Il paraît que je suis de trop. Tant mieux ! je vais rejoindre Boissec à la cave. J'ai une soif I
la heaulmière. — Va dire à la dame voilée que maître Villon ne pourra pas la voir ce soir.
pictou. — Oui, bourgeoise. Mais par où s'en ira-t-elle? Le chemin que cette dame prend d'haljituQ^e est gardé par des archers.
la heaulmière. — Qu'elle passe par cette salle. Tous nos buveurs sont partis et personne ne k verra.
pictou. — Très-bien! (il sort à gauche.)