‹ François Villon; drame historique en cinq actes et six tableauxChapitre 54 sur 92 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LOUIS XI. - TBISTAN. - ENGUEBRAND DE PONTHIEU.

louis xi. — Ah ! c'est vous, sire de Ponthieu, qui commandez ce soir au Louvre? (Montrant la clarté «lu dehors.) Pourriez-vous me dire ce que cela signifie ?

enguerrand. — Je l'ignore, Monseigneur. Mais je viens d'envoyer une escouade aux informations.

louis xi. — A propos, avez-vous fait votre ronde?... Et les abords de ma grosse tour sont-ils tranquilles?

enguerrand. — Parfaitement tranquilles, Sire.

louis xi. — C'est bien... Oh! oh! mais que se passe-t-il donc, sire Enguerrand? je vous trouve complètement changé... Vous me paraissez tout soucieux... (A Tristan.) N'est-ce pas, compère?

tristan^, — En effet.

enguebrand. — Monseigneur se trompe...

louis xi. — Pâques-Dieu ! messire, on me trompe plus souvent que je ne me trompe moi-môme... (Riant.) En vérité, vous avez presque l'air d'un conspirateur, à l'approche du dénoùment.

ENGUERRAND, tressaillant. — Oh '.Sire...

louis xi, à part. — Il me semble qu'il a tressailli. (Haut.) Rassurez-vous, noble comte! je syis loin de vous accuser... Mais j'en ai tant vu! (Basa Tristan.) Compère, je maintiens mon dire... Ce comte de Ponthieu a, dans la figure, quelque chose, d'extraordinaire... Tâche de savoir ce qui le préoccupe.

tristan, de même. — Je le sais, Monseigneur.

louis xi. — Ah !... qu'est-ce?

tristan. — Il a perdu sa femme.

louis xi, riant. — Et c'est là ce qui le bouleverse ? Pauvre homme ! il est bien bon !

tristan, à part. — Notre sire plaisante?... A merveille I... La ,'potence jouera demain.

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