‹ François Villon; drame historique en cinq actes et six tableauxChapitre 55 sur 92 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LES MÊMES. — Un ARCHER. — Puis CHARLES.

l'archer, an roi. — Monseigneur, le comte Charles de Meulan demande à être introduit auprès de Votre Majesté.

enguerrand, à part. — Lui !... dans quel but?... louis xi, à l'archer. — Qu'il enlre.

enguerrand, à part. — Viendrait-il ici pour nous trahir ? (Charles de Meulan est introduit par l'archer.)

CHARLES. — Ah! Sire !... (Il chaucclle. Tristan court à lui et l'empêche de tomber.)

louis xi. — Blessé !... couvert de sang !... Que signifie cela? Charles. — Sire !... je viens dénoncer à votre justice... l'attentat le plus audacieux... le plus infâme!

louis xi. — Parlez, comte!... parlez.

Charles. — Ce feu que vous apercevez là-bas... louis xi. — Eh bien?

Charles. — C'est l'incendie de mon hôtel ?

louis xi. — L'incendie de votre hôtel !

Charles. — Oui, Monseigneur... Il vient d'être envahi... saccagé... brûlé par Villon et ses truands.

louis xi, à Tristan. — Grand prévôt! vous êtes responsable de tout... Cet homme, ce Villon, était votre prisonnier, ce matin. Comment se fait-il que vous j'ayez laissé fuir ?

tristan. — En vertu d'un ordre secret de Votre Majesté elle-même.

louis xi. — C'est juste... j'oubliais... Ce ribaud, avec son épitaphe, avait eu le bonheur de nous faire sourire... et un sourire de roi vaut une grâce plénière... J'ai eu tort... On ne m'y reprendra plus.

Charles. — Ce n'est pas tout, Monseigneur.,. Je réclame aussi vengeance contre votre imprimeur de la SOrbonne.

louis xi. — Encore?... Qu'a-t-il fait, celui-là?

Charles. — Le misérable était avec les truands, soudoyés par lui, j'en suis sûr.., et, avec leur aide, il a enlevé de chez moi ma pupille, Yolande de Montargis.

louis xi. — Pâques-Dieu ! tous les démons de l'enfer sont donc déchaînés aujourd'hui?

Charles. — Je le prévoyais bien, Sire... et vous aves eu tort de ne pas m'écouter, quand j'ai pris la pafole devant vous, chez cet imprimeur maudit... Votre protection n'a eu d'autre résultat que d'encourager son audace. Et maintenant, lui... et Villon son complice... ils triomphent tous les deux, au Trou de la Pomme de Pin .'

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lodis xi. — hé Trou de la Pomme de Pin?... Qu'est-ce que cela? Charles. — Une ignoble taverne... le repaire (le tous les bandits de voire bonne ville... C'est-là qu'ils ont dû entraîner leurs victimes. louis xi. — Quelles victimes î

Charles. — Leurs maîtresses... . Yolande de Montargis... (regardant Enguerrand) et Isabelle de Ponthieu !

enguerrand. — Ma femme !

Charles. — Oui, comte!... votre femme... votre femme, quia pour amant Villon le ribaud, Villon l'incendiaire, Villon le voleur!

ENGUERRAND, furieux. — OU !

louis xi. — Comptez sur moi : justice vous sera rendue à tous deux, Messeigneurs... Tristan ! tu vas faire partir à l'instant même deux compagnies d'archers. Tu choisiras les plus braves. Ils cerneront cette caverne de brigands, ce Trou de la Pomme de Pin, comme on l'appelle, et feront rafle sur tout ce qui s'y trouve. Je veux en finir. Pâques-Dieu ! ma bonne capitale ne doit pas être une forêt de Bondy ! (Tristan se dispose à sortir.)

voix d'homme, dans la coulisse. — On ne passe pas !

voix de femme, de même. — Laissez-moi.. . par pitié... je veux parler au roi... Il le faut.

enguerrand. — Qu'entends-je?

Charles, à pan. — C'est Isabelle... Malédiction!

louis xi, à Tristan. — Compère ! dis qu'on laisse entrer. Exécute ensuite mes ordres, et reviens me trouver incontinent. J'aurai sans doute encore

besoin de toi. (Tristan sort.)

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