‹ François Villon; drame historique en cinq actes et six tableauxChapitre 59 sur 92 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LA HEAULMIÈRE. - PICTOU. — BOISSEC. — PAQUETTE. - GARÇONS et SER- VANTES. — BOHÉMIENNES et R1BAUDES.

(Grand bruit au dehors. — Cris confus. — Cliquetis d'arme». — Pictou regarde à la porte

du fond.)

paquette. — Jésus ! mon Dieu ! qu'allons-nous devenir? une bohémienne. — Ah ! si nous réchappons de celle-là, il fera chaud... avant que l'on retrouve la fille de ma mère au Trou de la Pomme de Pin. paquette. — Par ma foi ! j'en jure bien autant.

TOUTES LES BOHÉMIENNES ET RIBAUDES. — Et nOUS aussi !

la eeaulmière. — Comment? ingrates !... vous auriez le cœur de m'abandonner, moi, votre mère à toutes! moi, LaHeaulmièie !

paquette. — Dame ! écoutez donc, patronne !... Il ne fait pas toujours bon chez vous... Ce n'est plus une taverne, votre maison... c'est une souricière.

boissec, tremblant. — 0 monseigneur saint Babylas!... ô mon doux patron !... sauvez-moi de ce malencombre... et, foi de Boissec ! je brûle en votre honneur un cierge de dix livres !

PAQUETTE. — Imbécile 1 (Se retournant vers ses compagnes.) Et dire que c'est

mon traître de François, mon gueux de Villon qui est cause de tout cela 1... On prétend que sa grande dame est arrêtée... tant mieux !... c'est bien fait!... Ça t'apprendra, comtesse du diable! à nous voler nos amants... Je n'en avais que deux, et voilà qu'elle m'en prend un 1... Si ça ne crie pas vengeance ! toutes. — Oui ! o.ui ! vengeance ! Mort aux grandes dames I

PICTOU, de la porte. — Silence donc, les femmes ! (On se tait, et l'on écoute.) VOIX du dehors, un peu lointaines. — Noél ! Noël !

pictou, avec transport. — Sauvés 1... Nous sommes sauvés !... Ce sont nos truands qui jreviennent.

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