INTERPRÉTATION
A l êchafaud, la grand' place gaudie,
Oh dupes pris, accolés et noircis,
Et par sergents durs à la main hardie,
Sont mis en grappe cinq ou six, Là sont glaneurs au plus haut bout assis Pour le pain du bourreau livrés au vent.
Evites-mot, prompts, ces murs épaissis Car détrousseurs tf oreilles circoncis,
Vont en nuit du tout à néant.
Echec, échec, gare au lacis.
Fondée moi sur ces gourds passants,
Avises moi bientôt le blatte, Et détales au large par les champs.
Qu'au jugement vous soyes sur le banc
Plus blanc que le plâtre n 'est blanc.
Pris sans butin, à gousset creux,
Repousses-mai ces tire-aveux
Leur montrant de vos liens le bris.
So:ts clé ne soyes deux à deux.
Echec, échec, gare au lacis.
Laisses aux gibets les crampons, De peur des bises, des vents durs,
LA PLUMÉ
Et aussi d'est rc sur les joncs Emmalès en coffre en gros murs.
E charissez, ne soiez sûrs Que le le granl Can ne vous fasse essorer.
Songears ne soiez pour dorer, Et babignez toujours aux ys Des sires, pour les desbouser.
Eschec, eschec pour le fardis.
ENVOI
Prince" froart, dis des arques petits, L'un des sires si ne soie endormis.
Luiez au bec que ne soyez grefriz
Et que vos emps n'en aient du pis.
Eschec, eschec pour le fardis.
Ballade II.
Coqu:llars arvans à Ruel.
Men ys vous chante que gardez,
Que n'y laissez et corps et psi
Comme fist Collin IcscolSier,
Devant la roe à babiller,
Il babigna pour son salut.
Pa* ne s~avoit oingnons peller. ..
Dont l'emboureux lui rompt le suc.
Changez vos andosscs souvent, Et tirez tout du raiz au temple ; Et eschecquez tost, en brouant, Qu'en la jarte ne soiez emple ; Montigny y fut, par exemple, Bien ataché au hallegrup ; Et y jargonna*t il le tremple...
Dont l'emb-jurcux lui rompt le suc.
Gaillicurs faitz en piperie.
Pour ruer les ninars au foing, Al'aswult! tost, sans suerie.
Que le mignon ne soit au gaing Faiciz d'un lourd plumbis à coing Qui serre et griffe au gart le duc, Et de la dure si très loing. ..
Donl l'emboureux luy rompt le suc.
ENVOI
Princes, arrière de Ruel !
Et n'eussiez-vous denier ne plue,
Qu'au giffle ne laissez la pel
Pour l'emboureux qui rompt le suc.
Ballade III.
Espelicans
Qui. en tout temps . Avancez dedans le pogoiz
Gourde piarde .
Et, sur la tarde.
Desboursez les pouvres nyois ; Et p->ur soustenir vostre pois, Les duppes sont privez de caire,
Sans faire haire
Ne hault braire ; Mais plantez ilz sont comme jonez Pour les sires qui sont si longs.
Souvent aux arques, A leurs marques Se laissent tousjours desbourscr,
Comme aussi d'êire sur les joncs Bouclés dans la cage aux gros mnrs.
Escarpesvous, jamais bien sûrs Que soleil ou Prévôt ne vous fasse essorer.
Distraits ne soyez pour leurrer, Et marmottée toujours aux huis Des riches à dévaliser Echec, échec, gare aux lacis.
ENVOI
Prince fraudeur de cassettes, je dis
Que pour les chefs ils ne soient endormis.
Le ne* au vent que ne soyez surpris
El que vos ans n'en aient du pis.
Echec, échec, gare au lucis.
Ballade II.
Bons à tuer noçant à Fuel,
De l'huis chanvré vous faut garder
Pour n'y laisser et corps et pel
Comme fit Colin l écolier,
Devant le treuil à torturer
Implorant salut du Bon Duc.
Pat ne savait ognons peler...
Dont lenchauvreur lui rompt le suc.
Changea vos costumes souvent, Du tea de chausse au front du temple ; Et prenea garde en vous sauvant Que de la gorge on vjus trouve ample; Montigny, pour ce, par exemple, Bien attaché devint caduc.
Déraisonnant, pris de la tremble...
Dont l enchauvreur lui rompt le suc.
Gouailleurs savanrs en piperie, Aux sots offrant paille pour foin, A l'assaut ! vite, sans suerie.
Que larron ne soit pour tout soin Enrichi du lourd plomb à coin Qui sert et prend au cou le duc, Et de la terre le tient loin...
Dont l enchauvreur lui rompt le suc.
ENVOI
Princes, arrière de Ruel !
Et n'eussiez vous denier ni truc,
Au gibet ne laissée la pel
Pour l enchauvreur qui rompt le suc.
Ballade III.
Espions de Cans
Qui, par tous temps.
Buves au fond des cabarets,
Gourde piarde
Et, sur la tarde, Détroussée les pauvres niais; Et pjur soutenir vos méfaits, Dupes privés du nécessaire,
Sans plainte faire
Ni haut braire ; Ils sont plantés droits comme joncs Pour les gibets qui sont si longs.
Souvent aux poches, Par leurs proches Se laissent tous dévaliser,
LA PLUME
Pour ruer Et enterver, Par leur contre, que lors faisons I.a fée aux arques vous respons ; Et ruez deux coups ou bien trois
Aux gallois :
Deux ou trois Les mineront trestout aux fronlz Pour les sires qui sont si longs.
Pour ce, benardz,
Coquillards.
Rebecqucz-vous de la montjoye,
Qui devoye
Vostre proie, Et vous fera du tout broucr Par joncher et par enterver Ce qui est aux pigeons bien chair,
Pour rirîer
Et placquer Les angclz de mal tous rons, Pour les sires qui sont si longs.
ENVOI
De paour des hurmes
Et des grumes.
Rasurcz-vous en droguerie
Et faerie, Et ne soyez plus sur les joncs Pour les sires qui sont si longs.
Ballade IV.
Sauspicquctz frouans des gours arques Pour desbouscr beaux sires dieux, Allez ailleurs planter vos marques.
Benards, vous estes rouges gueux.
Berart s'en va chez les joncheux Et babigne qu'il a plongis.
Mes frères, soiez embrayeux Et gardez des coffres massis.
Se gruppez estes desgrappez De ces ar.gels si gravelisses Incontinant mantheaulx chappez Pour l'embourcux feront éclisses.
De vos farges ferez bcsisscs Tout debout et non pas assis ; Pour ce gardez-vous d'être grisscs Dedans ces gros coffres massis.
Niaiz qui seront attrapez.
Bien tost s'en broucront au halle.
Plus n'y vault que tost ne happez
La baudrouse de quatte talle.
Destirer fait la hirenalle
Qu nt le gosier est assegis,
Ht si hureque la pirenallc
Au saillir des coffres m ssis.
ENVOI
Prince des gaveulx, en les harpes Que vos contres ne soient greffis.
Pour double de frouer aux arques, Gardez vous des coffres massis.
Ballade V.
Jonchcurs jonchans en joncherie, Rebigncz bien où joncherez ;
Pour baiser
Et jaser, Par leur frère, alors que faisons Disparaître èctts à tâtons ; Assènes deux coups ou bien trois
Aux grivois ;
Deux ou trois Vous les marqueront tous aux fronts Pour les gibets qui sont si longs.
Pour ce, musards,
Coquillards, Eloigneavons du mont sans joie
Qui dévoie
Votre proie Et vous fera perdre dans l'air Par questionneurs faisant parler, Ce qui plus aux pigeons est cher,
Pour racler
Et rouler Sergents de mal raflant en ronds Pour les gibets qui sont si longs.
ENVOI
De peur des danses Des potences, Renfermez-vous dans l industrie
Et jonglerie.
Et ne soyez plus sur les joncs Pour les gibets qui sont si longs.
Ballade IV.
Amis subtils forçant gras coffres Pour déloger écus nombreux, Ailes ailleurs porter vos offres, Berneurs. êtes roués fameux.
Mouchard s'en va parmi les gueux, Et raconte aussi qu'il est pris.
Mes frères, soyez ombrageux, Gardes-vous des cachots massis.
Si saisis êtes désarmés
Par les'sergculs durs au service,
Incontinent manteaux chipés
Au barreau feront bénéfice.
Fers quitterez pour qu'on vjus hisse
Tout debout et non pas assis ;
Donc, fuyez grilles de justice
Barrant ces gros cachots massis.
Niais qui seront attrapés Bientôt s'embrumeront au haie.
Rien ne peut qu'ils ne soient happés Par le nœud excitant au râle.
Angoisse étire et rend tout pale Quand le gosier à siège est mis.
Et pieds cherchent en vain la dalle Au sortir des cachots massis.
KNVOI
Princes des trompeurs, que vos proches Eu leurs griffes ne soient saisis.
Pour doute de fouiller aux poches, Cardez vous des cachots massis.
Ballade V.
Trompeurs trompants en tromperie.
Regardes bien oit tromperez ;
LA PLUME
Qu'ostac n'embroue vostre arerie Où accoliez sont vos ainsnez.
Poussez de la quille et brouez Car tost vous seriez rouppieux.
Eschec qu'acollcz ne soiez Par la poe du marieux.
Bendez-vous contre la faerie Quanques vous aurez desbousez, Mettant à jus la riflerie Des angelz et leurs assosez.
Berard, se povez, renversez.
Se greffir laissez vous carieux La dure bientost n'en verrez Par la poe du marieux.
Enlcrvez à h floterie Chantez leur Troys sans point songer :
Qu'en astez ne seye en sûric Blanchir vos cuirs et cssu.ger.
Biguez la mathe sans targer.
Vos ens n'en soyent rouppieux !
Plantez ailleurs, contre, assegicr.
Pour la poe du marieux.
ENVOI
Prince, benardz en esterie Quérez, couplons pour l'emb iurcux ; Et autour de vos ys lune Pour la p:>e du marieux.
Ballade VI.
Contres de la gandisscrie, Entervez toujours blanc pour bis, Et frappez en !a hurterie.
Sur les beaux sires bis assis.
Ruez d?s feuilles cinq ou six, P't vous gardez bien de la roe Qui aux s'res plante du gris.
En leur faisant faire la moe.
La giffle gardez de rurie, Que vos corps n'en aient du pis, Et que point à la turterie En la hurme soyez assis.
Prenez du blanc, laissez du bis.
Ruez par les fondes la poe, Car le bizac avoir ad vis Faict aux beroards faire la moe.
Plantez tost de la mouargie.
Puis ça, puis là, pour le hurtis, Et n'espargnez point la flogie De ces doulx dieux sur les patis Voz ens soient assez hardis Que de leur avancer la droe ; Mais si soient memoradis Qu'on vous face faire la moe.
ENVOI
Prince, cil qui n'a bauderie Pour soi eschever de la soe :
Danger de grup en arderie Faict aux sires faire la moe.
Qu'un nœud ne vous fixe à prairie Oit se balancent vos afnâs.
Poussée de la jambe et fuyes* Ou de roupie auriez, fléau.
Craignes qu'accrochas ne soyez De par la patte du bourreau .
Défiiez vous de sorcellerie Quand gens seront dévalisés, Mettes à bas la pillerie 'Des sergents ou leurs associés.
Mouchard, si pouvez, déjoue}.
Pris nanti de quelque joyau Le sol bientôt plus ne verres De par la patte du bourreau.
Perdtis dans la foule o't l'on crie, Chantea leur Tra sans y toucher.
Quen été n'allies en suerie Blanchir vos cuirs et essorer.
Gagnes le gîte sans tarder.
Vos ans évitent le cordeau !
Coures ailleurs, frère, assiéger, Loin de la patte du bourreau.
ENVOI
Prince, quand sois justice lie, Plaignes ceux qu'on mène en troupeau ; Veilles aux huis et qu'on s'allie Contre la patte du bourreau.
Ballade VI.
Frères de la gaudisserie.
Entendes toujours blanc pour bis, Choisissant, dans la pillerie, tes beaux ècus au secret mis.
Ràfles des bourses cinq ou six Et vous gardes bien de la roue Qui rend patients froids et gris En leur faisant faire la moue.
La face gardes d'avarie,
Et que vos corps n'aient rien de pis ;
Que point à la pigeonnerie,
En la niche soyez assis.
Ne prenez pas objets sans prix.
Coures les champs malgré la boue,
Car bise hérissant les sourcils
Fait aux plus durs faire la moue.
Semez du faux blé, menterie, De ci, de là, pour la brebis, Et n'épargnes la bergerie Oit toisons d'or sont sur pàtis.
Que vos tours soient assez hardis Pour leur glisser grain q-ti déj, Mais sinon soyes avertis Q'on vous fasse faire la moue.
ENVOI
Prince, qui ne sait duperie Doit fuir l'étal où l'on échoue :
Danger de gorge en brûlerie Fait aux pilleurs faire la m me.
LA PLUltfE