‹ François Villon; drame historique en cinq actes et six tableauxChapitre 89 sur 92 · CRITIQUE LITTÉRAIRE · texte numérisé non relu

CRITIQUE LITTÉRAIRE

Le Miroir des Légendes, par Bernard Lazare.

Voilà un titre de bonne foi. Et certes M. Bernard Lazare a bien fait de l'adopter. Dans ce miroir se reflètent en efLït maintes figures légendaires que I on se souvient d'avoir rencontrées ailleurs, soit aux écrits de Villiersde l'Isle-Adam, soit chez M. Anatole France, voire même chez Balzac. M. Bernard Lazare est un bon écrivain. Son art très savant, celui-là même des plus récents élèves du Parnasse, malgré quelque effort vers le symbole, reste tout à fait c?lui des maîtres qui, évidemment, l'influencèrent le plus — art de surface, sans dessous évocateurs. sans lointains, tout de premier plan et de qui résulte cette œuvre trop tranquille, écrite d'une encre froide à faire geler le mercure. — Le miroir des légendes est remarquable surtout en ceci qu'il représente bien l'effjrt d'un très hab le rhéteur iil »ine aux adaptations d'apr.s les idées * qui soijt dans l'air * mais incapable d'évoquer ce rt-ve de la vie que d-ut être une œuvre d'art telle que nous la concevons.

Le miroir des légendes plaira à plusieurs. Nous, et quelques autres, l'avons lu avec intérêt mais nous ne le relirons pas car il n'y a pas là ce frisson d âme que nous prisons par dessus toutrs choses.

Le Directeur-Gérant : Léon DESCHAMPS

Annonay. - Typ. et lith. J. ROYER

Echos d'Art et de Littérature

Après mutuelles explications à la suite de polémiques en octobre dernier, nous disons regretter le malentendu entre La Plume et les . Ecrits pour l'art et reconnaître la parfaite honorabilité de M. M. René Ghil et Jules Couturat. — Une note semblable nous concernant est publiée par les Ecrits.

Léon DESCHAMPS.

(La note ci -dessus aurait paru le t or mai dans La Plume, si M. René Ghil, se substituant irrégulièrement à nos arbitres communs, n'avait dans sa lettre à moi adressée, commis à mon préjudice une inexactitude quant aux conditions dans lesquelles est intervenue la présente transaction. J'ai dû attendre une décision des arbitres reconnaissant cette erreur avant de faire paraître la note qui clôt un incident déjà ancien . Ceci a titre simplement explicatif — car un procès-verbal imposé à' deux parties adverses et librement accepté par elles ne doit jamais, lors de sa publication, être suivi de commentaires plus ou moins désobligeants pour l'autre partie. C'est une règle absolue, je déplore le sentiment qui a fait oublier cette tradition à M. Ghil et si j'ai à exprimer un regret, hors la note qui précède, c'est celui de constater chez M. Ghil l'absence de cette courtoisie que je suis habitué à rencontrer chez mes autres confrères. Voilà tous les regrets dont mon adversaire peut se prévaloir et je l'y autorise. Quant à ceux desquels il argue pour justifier, en ce qui le concerne, la publication d'une note imposée par des arbitres, je m en rapporte au jugement que peuvent porter en euxnnèmes lés dits arbitres sur une semblable affirmation et un semblable procédé et je déclare, pour mon compte, l'incident clos.)

La Jeune France affirme que si la soirée de La Plume n'a pas eu lieu le 3O Avril, c'est parce qu'il n'y avait pas de combattants H! A l'heure ou nous déménageons pour cause d'exiguité d'un local pouvant contenir 15O personnes assises, c'est une affirmation qui n'est pas sans gaîté. On est joyeux à la Jeune France ! Voir (Nos Soirées)

Un autre confrère qui ne manque pas d'innatendu dans ses critiques, c'est celui qui signe : le plus spirituel des Parisiens, M. Charte , ou Georges Elcar, ou Relac de la Cloche. Celui-là trouve que nous ne produisons pas assez (un ab' au Journal de la Librairie s'impose, ou un tour dans les divers Salons) et que le Président des Soirées n'est pas musicien. Serait-ce pour être agréable audit président que M. Elcar chante taux ? C'est une attention à laquelle M. Deschamps est fort sensible...

L'Echo de Paris a publié récemment une étude analytique sur le prochain drame de Maurice Maeterlinck. Prochainement, des fragments de ce nouveau drame paraîtront dans La Plume,

Léon Maillard doit triompher, lui qui prétend adoucir les moeurs de la jeune littérature en faisant asseoir les littérateurs à la même table : « On n'est réellement ami que lorsqu'on a mangé ensemble.. . * Voici toute uie série de diners fondés par les Revues : Revue Moderne (au Palais Royal), Ermitage (43, rue des Ecoles) — même un souper : La Cloche (à minuit, Café Clémence Isaure). Tous les dfnêurs se retrouvent aux dîners de La Plume.

A ce sujet, expliquons comment est dévolue la Présidence de nos dîners : les ex-présidents désignent leur successeur, choisissant qui leur convient. Le Président nouveau est assisté dans ses fonctions par .ses deux prédécesseurs immèdiatB et enfin «ne table d'honneur est réservée pour les ex-présidents, chargés dè l'élection. , . j

Jules Simon, dit Biscuit, vient encore de faire des siennes : il a fait mettre à la retraite un employé de l'octroi pour donner cette sinécure à... M. Simon TRI s ! Ils vont W» M. M. de la Morale (2 fr. par an).

Deux nouveaux théâtres pour les Jeunes :

LtThèâtre- Eclectique, secrétaire général Léon Riotor. Le Théâtre d'Art- Social, secrétaire général Gabriel de la Salle.

Ce dernier annonce sa première représentation "pour le mois d'octobre prochain, avec un prologue.en vers, de Jean Richepin : l'Art Social et une pièce en cinq actes, également en vers, de P. N. Roinard : La Légende rouge (synthèse révolutionnaire).

La Justice vient de remettre en liberté Zo d'Axa et Constant- Marie, deux fidèles de nos soirées*. On n'a rien trouvé à leur reprocher — sinon qu'ils ae disent anarchistes. Et dire que nous avons renversé l'Empire pour en arriver à ce résultat ! Vous y voyez de la différence ?

Une omission a été commise par nous dans la bibliographie de Jean Jullien : Trouble-Cœur, vol. de nouvelles, paru en 1886 chez Tresse et Stock a été oublié.Voilà la faute réparée.

Une bonne nouvelle pour les Jeunes Lettres françaises: M. Camille de Sainte-Croix continue à la Marseillaise ses « lundis » inaugurés à la Bataille.

Page 1