CRITIQUE DRAMATIQUE
Bouffes du Nord : Le IX Thermidor, pir MM. Jean de la Rode, Georges Rolle et Albert Crémieux.
Dénué d'incidents accessoires et de personnages épisodiques, ce drame, historique se déroule rapidement, dans uni; langue précise et simule, à travers I époque trouble qui précéda le IX Thermidor, jusqu'à l'assassinat de Robespierre l'Intègre et do son fidèle Saint Just, te vainqueur
de Fleuras.
l.es intrigues jalouses de Ta lien. qu'encourage son arrogante maitr 'sso l'aristocratique Thérezia, les mesquines rivalités de Collot d'Herbois, Fouetter, Barrera, biches ameutés contre le renom ce Robespierre le Juste, en emplissent les scènes toutes poignantes île grandiose réalité.
Les auteurs — parmi lesquels notre aimable confrère Georges Kolle. du Parlé, — en ne tombant pas dans l'eeueil du mélodrame, ont l'ait œuvre de dramaturges puissants dans cette pièce sincère et forte mise en se -ne nvec goût et exactitude par I actif directeur A bel Ballet, jouée par une troupe homogène et vaillante où la convielion remplace ce nui |»eut l'aire défaut en expérience.
Messieurs nos Grands Comédiens Ordinaires pourraient utilement s inspirer au contuct de ces débutants gauches ou peu équipés dont l'enthousiasme débordant a fait acclamer à Taris Ij> IX Thermidor — déjà vainqueur nu Havre — et les noms sympathiques d auteurs nouveaux par le talent.
Nous souhaitons à tous la fructueuse et durable carrière qu'ils méritent.
Vaudeville (matinées du jeudi) : Le Nid d' Autrui, comédie en 3 actes par M. Le Corbeiller : La Part du Mari, comédie en 1 acte par MM. Soulame et Giisel.
La nouveauté de l'intrigue n'est point condition essentielle d'intérêt au théâtre, et nous prisons bien plus 1 acuité do l'observation, la vérité des caractères, la précision du dialogue et la sincérité de l'exécution dans une action rapide et logique.
Mois les personnage-; de M. Le Corbeiller ne sauraient fixer notre attention : ils déclament dans une langue redondante des choses creuses et no f »nt autre chose que déclamer...
Nous connaissions déjà la situation certes poignante d'une jeune lllle obligée de choisir entre son père légal d'un côté, son père naturel et son fiancé de l'autre, mais la torce de certaines scènes vraiment dramatiques est amoindrie par cette rhétorique vulgaire que récitent des pan ins malhabiles a cacher les grossières ficelles qui les meuvent. „ „
Constatons les bravos sympathiques d une salle un peu « vieux public » et la conviction dépensée en vain par MM. Dieudonné, Caudé. Achard, par Mines Antonine et Thomsenn dans leurs rôles respectifs.
Prenez une femme munie d'un mari et d'in amant ; suppose/lui un oncle ministre et devine/, si elle fera décorer son mari on bien son amant. L'alternative est cruelle et palpitante : L'intérêt de sa vanité la fait pencher pour le
nies mondaines; l'amant se
compagnon légal de ses sorties contentera des palmes académiques.
Saupoudre/ ce vide des trnbs spirituels que prodiguèrent aux ministres tombes, aux industriels ambitieux, les auteurs passes et trépasses du genre éminemment français. • Agitez a tour de bras et vous aurez la Part du Mari, par MM. Soulaineet Grisel. bien joui par M. I.agrange, lourdement par les autres interprètes. L eelectisnio incontestable de M. Carre nous a fait l'autre jour chèrement payer le plaisir que nous avions pris à ses précédents sjiectncles diurnes
Geo ges ROUSSIiL.