PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DR MM. PIERRE DE NOLHAC «&T LÉON DOREZ
Beaux volumes pelit in-8 imprimés luxueusement.
Tome Ier. — La chronologie du Canzonière de Pétrarque, par Henry COCHIN aus be eat RS 4 fr.
Ce livre de M. Cochin a reçu du monde savant l’accueil le plus flatteur. Outre un important article de M. G. A. Cesareo dans le Giornale storico della Lebteratura italiana (vol. XX XIT, 1898, p. 403-415), outre des comples rendus très élogieux comme ceux de M. Giovanni Magherin-Graziani dans l’Archivio slorico italiano et de M. André Pératé dans le Bulletin critique, cet ouvrage a été l'objet d’une étude intéressante de M. T. Casini dans la Rivista d'Italia : « Le petit volume de M. Cochin, dit M. Casini, apporte une belle contribution d'observations à l'étude du Cansonière ; l'auteur y a soumis à un nouvel examen et traité d’une manière approfondie la question de la chronologie... C'est une série de recherches ingépieuses, développées avec toute la modération d'une critique sincère et impartiale, et nous les signalons aux pétrarquisants comme un modèle de méthode et de courtoisie littéraire. » De leur côté, MM. Giosuè Carducci et Severino Ferrari, dans leur édition classique des Rime de Pétrarque (Floreuce, Sansoni, 1889), non contents d'enrvgistrer les résultats définitifs des recherches de M. Cochin, s'expriment ainsi (Préface, p. XXXIX) : « C'est sous un petit volume, un commentaire complet, très fin au point de vue de la chrouologie, de la cr'tique, de l'esthétique, lant pour chaque pièce particulière que pour l'ensemble de l’œuvre vulgaire de Pétrarque. »
Tomes II et III. — GAGUINI (Roberti). Epistolæ et orationes, texte publié
sur les éditions originales de 1498, precédé d'une notice biographique et suivi de pièces eu partie inédites par Louis THUASNE, 2 vol...... 25 fr.
M. Léopold Delisie a présenté cet ouvrage à l'Académie des Inscriplions et Belles-Leltres dans les termes suivants :
« Robert Gaguin, mort en 1501, est une des gloires de l'Université de Paris. Le recueil de ses lettres, qui fut publié de son vivant, élait à peu pres tombé dans l'oubli et les exemplaires en étaie it devenus très rares. La nécessilé d’une nouvelle édition élait reconnue depuis longtemps. M. Thuasne n’a pas seulement le mérite d'avoir préparé celle nouvelle édition avec le soin et la critique dont il avait déjà donné des preuves. Les notes dont il l’a enrichie et la longue biographie qu'il a mise en tête, font des deux volumes qu'il vient de publier uu livre rempli de détails très intéressants, en grande partie tout à fait nouveaux sur la vie de Gaguiv et sur les hommes avec lesquels il à été en rapport. Il y a l1 une masse énorme de renseigoements pour un tableau de la société polilique, religieuse et surtout littéraire de Paris pendant le dernier tiers du xve siècle. C’est, pour une notable partie, le résultat d’une lecture de livres et de petits livrets, fort négligés sinon par les amateurs de raretés bibliographiques, dont les pièces liminaires abondent en renseignements précieux pour qui sait en pénétrer le sens et la portée. M. Thuasne en a tiré un excellent parti : son é hition des Lettres de Gaguin est un ouvrage indispensable à consulter pour l'histoire des règnes de Louis XI et de Charles VIIL. »
A propos de cette même publication, M. Francesto Flamini à lu, à l'Istituto Veneto, le 19 juin 1904, une étude très curieuse el fort élogieuse, intitulée : Roberto Gaquin e l'umanesimo italiano (tirage à part de 12 pages). M. Fiamini, l'un des maitres de la critique italienne contemporaine, conclut ainsi : « Maintenant que j'ai mis en lumière ce que les deux nouveaux volumes de la Bibliothèque liltéraire de la Renaissance contiennent pour l'histoire de l'humanisme italien, ma tâche est t rminée. Je ne veux cependant pas prendre congé du vieil écrivain d'au delà des Alpes et de son éditeur d'aujourd'hui sans avoir loué comme il convient l'honnêteté littéraire, la probité et la noblesse d'âme du premier, la scieuce singulière et la curiosité diligente, vraimnt admirable, du second. L. Thuasne a servi aux érudits un mets dont ils pourront se rassasier tout à leur aise ; il leur a indiqué le fiion, jusqu'ici négligé, d'une abondante et précieuse minière. L'introduction claire, bien ordonnée, remplie de faits, le commentaire varié, extrèmement riche, les appendices si savoureux, les index exacts et complets, font de cette édition des Leltres et des Discours de Gaguin un chef-d'œuvre en son genre, et constiluent en même temps le meilleur démenti que l’on puisse désirer à l'accusalion de « superticialité » et de légèreté plusieurs fois lancée contre l'érudition française. »
nn na.
Extrait de la REVUE DES BIBLIOTHÈQUES
Mars-Avril, Mai-Juin 1906
ET