A. Campaux, François Villon, sa vie, ses œuvres, p
7. Elle provenait de l'héritage d'Isabeau d'Harcourt, veuve d'Humbert VII,
naturel, Louis, légitimé de Bourbon '. Nous n'osons dire que la présence de ce prince attira Villon à Roussillon : en effet, la date de la donation de cette terre au bâtard est trop rapprochée de l'époque à laquelle le poète en parla. Mais la strophe 157 du Grand Testament, relative à un sénéchal qui paya les dettes de Villon, pourrait bien se rapporter à Louis de Bourbon que le duc, son frère, avait créé en 1460 maréchal et sénéchal de Bourbonnais ^ , car l'auteur joue dans cette strophe sur le double sens du mot maréchal, tout en paraissant faire allusion aux deux offices dont Louis venait d'être revêtu'. En ce cas, Villon aurait eu un égal succès auprès des deux frères.
Cependant, si le poète reçut des marques de la bienveillance des princes de la maison de Bourbon, il ne se fixa pas près d'eux : il revint dans l'Orléanais, où nous le trouvons, dans l'été de 1461, prisonnier de l'évêque d'Orléans à Meung-sur-Loire. On ignore les motifs de ce nouvel emprisonnement ; mais si l'on remarque la proximité de Meung d'un lieu dont Villon signale la fréquentation comme dangereuse aux enfants perdus, on ne doutera guère qu'il n'ait commis un délit, un vol probablement, aux environs de Montpipeau, forteresse isolée située à dix kilomètres au nord de Meung 4. Dans cette hypothèse, on pourrait le considérer comme le complice de Colin de Cayeux qui, moins heureux que lui, en raison sans doute de sa plus grande culpabilité, fut condamné au dernier supplice.
La prison de Villon était fort dure, si l'on en juge par les diverses allusions qu'il y fait, et il y eût sans doute péri, si la mort de Charles VII n'était arrivée sur ces entrefaites le 22 juillet 1461. Alors, en vertu du droit de joyeux avènement, Louis XI remit leurs peines à divers
seigneur de Thoire et de Villars, qui, par testament du 20 novembre 1441, avait institué le duc Charles I<='' de Bourbon son légataire universel. (Le Père Anselme, Histoire gcnêalog. de la maison de France, ?e édit., t. I, p. 305.)
1. Le Père Anselme, Hist. généal. de la maison de France, t. I, p. 308.