‹ François Villon et ses légatairesChapitre 15 sur 38 · Item, sera le senechal · texte numérisé non relu

Item, sera le senechal

Qui une fois paya mes dettes.

En recompense, mareschal Pour ferrer oës et canettes.

Je lui envoie ces sornettes Pour soy desennuyer; combien, Si veult, face-en des alumettes.

De bien chanter s'ennuye-on bien.

La seconde partie de ce huitain semble indiquer que Villon envoya une copie de son Testament au sénéchal.

4. La situation de ce lieu, qui joua un certain rôle dans les guerres du XV'' siècle, ne paraît pas avoir été connu des auteurs qui ont étudié Villon; ainsi M. Paul Lacroix (Œuvres compl. de Villon, p. 166, note 6) suppose, en raison du rapprochement des noms de Rueil et de Montpipeau chez notre poète, que Montpipeau est, soit Louveciennes, soit la Malmaison.

prisonniers des villes où il passa après son sacre. Nous le trouvons en août 1461 accordant par ce motif des lettres de rémission à Pierrart de WastineS;, Girardin le Tourbeur, Henri de La Salle et Jacquemart L'Espaignol, prisonniers à Reims', à Regnaud et à Guillaume Le Clerc, prisonniers à Meaux ^, ainsi qu'à Simon Audry et à Robinet Légier, prisonniers à Paris 5. Sept mois plus tard, il usait encore du même droit à Bordeaux en faveur de Guilhem Saulx 4. La délivrance de Villon dut avoir lieu vers le 2 octobre 1461, date à laquelle le roi Louis XI signait deux ordonnances à Meung-sur- Loire s. Malheureusement, sa lettre de rémission ne fut pas transcrite dans ceux des registres du Trésor des Chartes encore conservés aujourd'hui aux Archives Nationales ^ et nous sommes ainsi privés du document qui pouvait le mieux nous renseigner sur la vie du poète durant ces dernières années, car il devait contenir renonciation de ses méfaits antérieurs et nous faire connaître l'époque et la cause de sa condamnation à mort.

Depuis cette délivrance de Villon, on ne retrouve plus sa trace, Rabelais rapporte bien, il est vrai, que, banni de France, il passa en Angleterre au temps du roi Edouard V7, mais cette indication ne concorde nullement avec ce que l'on sait du poète ^, et certains détails donnés par le grand satirique prouvent qu'on ne peut faire fond sur son récit 9. Au reste, ce récit n'est que l'amplification d'une anecdote qui courait dès le XIII'' siècle sur le compte d'un autre écolier, également banni de France et réfugié près du roi d'Angleterre '°. L'auteur de Pantagruel nous le

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