‹ François Villon et ses légatairesChapitre 17 sur 38 · Livre IV, c · texte numérisé non relu

Livre IV, c

8. En effet, c'était Henri VI, et non un prince du nom d'Edouard, qui régnait en Angleterre à l'époque du bannissement de Villon.

9. Ces mots que Rabelais d. IV, c. 67) met dans la bouche de Villon : « Et tant » bien estes servy de vostre docte medicin Thomas Linacer. Il, voyant que naturel- » lement sus vos vieul.v jours estiez constipé du ventre... » renferment au moins deux inexactitudes. Thomas Linacer, en effet, né en 1460, ne fut célèbre que sous Henri VII et Henri VIII, et le roi Edouard V n'eut pas de vieux jours, car il fut, à l'âge de 1 3 ans, mis à mort par ordre de son oncle le duc de Glocester.

10. Hugues le Noir. — Voici l'anecdote telle que M. L. Delisle la rapporte d'après un ms. de la bibliothèque de Tours (Notes sur ^uelijues manuscrits de la bibliotheejue de Tours, dans la Biblioth. de l'Ecole des chartes, t. XXIX, p. 604-

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montre aussi retiré « sur ses vieux jours à Saint-Maixent-en-Poitou, sous la faveur d'un homme de bien, abbé dudit lieu w/nous dit que là, pour distraire le peuple, il fit jouer la Passion « en gestes et en langage poictevin » et raconte à ce propos un tour sinistre joué par Villon à un sacristain des Cordeliers ' ; mais il est aussi démontré que les principaux traits de cette seconde anecdote se trouvaient déjà dans le Spectnm d'Erasme ^. Force est donc d'avouer que l'on ignore entièrement la date probable de la mort de Villon ; car M. Campaux, en la plaçant après 1480 3j se fonde sur le Dialogue de Mallepaye et de Baillevent et le Monologue du franc-archer de Bagnoleî, pièces qui n'ont pas été composées par Villon 4.

Si les deux testaments de Villon après avoir été aussi souvent réimprimés de 1489 à 1 542 sont tombés ensuite dans une sorte de discrédit, on ne doit pas uniquement l'attribuer à la vétusté du langage : on en trouve une meilleure raison dans la présence de nombreuses allusions qui cessèrent d'être comprises avant cinquante ans. Clément Marot l'a vivement senti; aussi après avoir rendu toute justice à l'éminent talent du poète dont il publia une édition en 1533, fait-il cette judicieuse réflexion : « Quant à l'industrie des lays qu'il feit en ses Testamens, « pour suffisamment la congnoistre et entendre, il fauldroit avoir esté )) de son temps à Paris, et avoir congneu les lieux, les choses et les )) hommes dont il parle: la mémoire desquelz tant plus se passera, tant

605) : « Idem [Hugo] manens cum rege Anglie |Johanne] duxit eum cum » lumine ad caméras. Rex autem fecerat depingi in hostie camerarum intus » regem Philippum monoculum, et ait rex : Vide, Hugo, quomodo fedavi I) regem tuum. — Vere, dixit, sapiens estis. — Quare, inquit, hoc dicis .? — » Quia fecisti depingi eum. — Et qua^e? — Quia est admirabile quod quando » videtis eum que vous ne vous cffourkz toux. » — M. Delisle est revenu depuis sur ce récit et l'a rapproché de celui de Rabelais {Biblioth. de l'École des chartes, t. XXX, p. 532-333).

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