‹ François Villon et ses légatairesChapitre 18 sur 38 · Livre IV, c · texte numérisé non relu

Livre IV, c

2. C'est du moins ce que disent, d'après Demarsy et Génin, MM. Rathery et Burgaud des Marets dans une note de leur édition de Rabelais (Paris, 1858, t. II, p. 92, note 2).

3. A. Campaux, François Villon, sa vie, ses œuvres, p. ij^-i-jG.

4. Ces pièces, ainsi que les Repues franches, paraissent pour la première fois à la suite des oeuvres de Villon dans les éditions données en 1532 et en 1535 par Galiot du Pré, Bonnemère et Lotrian ; mais les titres de ces éditions les distinguent soigneusement des « Œuvres de maistre Françoys Villon » et l'explicit suivant : « Fin des oeuvres de Villon, et après s'ensuyt le recueil de ses repues franches et de ses compagnons, » sépare toujours les deux parties du volume. Il est inutile de dire que ces pièces ne figurent pas dans l'édition de Marot, édition qui porte la date de 1553, et que le valet de chambre de François I'^'" n'en parle même pas dans sa préface.

» moins se congnoistra icelle industrie de sez lays dictz. Pour ceste » cause, qui vouldra "faire une œuvre de longue durée ne preigne son )) soubject sur telles choses basses et particulières'. » Il importe de rapprocher ce jugement d'un poète de celui d'un érudit de la seconde moitié du xvi" siècle, du président Fauchet qui, après avoir discuté l'origine du nom de Villon, ajoute : « J'ay fait ceste escapade pour la » mémoire de Vuillon, un de noz meilleurs poètes satyriques, duquel si )) nous sçavions bien entendre la poésie, nous descouvriroit l'origine de » plusieurs maisons de Paris et des particularités de ce temps-là 2. »

Nos recherches dans les archives du xv" siècle ne nous ont toujours pas mis en état d'expliquer « l'industrie » des legs de Villon, mais il est probable que des recherches entreprises en ce sens avant la Révolution auraient produit de meilleurs résultats 3 . Néanmoins nous sommes parvenus à constater l'existence et la position d'assez nombreux personnages nommés dans les Testaments.

On comprend sans peine qu'un grand nombre des légataires de Villon aient été des gens de robe appartenant aux différentes juridictions devant lesquelles il fut traduit : l'officialité de Paris dont il relevait comme clerc, le Châtelet où il eut affaire comme parisien, et le Parlement auquel il en appela. Ses rapports avec la justice ne sont pas cependant les seules causes de la mention de ces magistrats : plusieurs d'entre eux étaient ou pouvaient être des amis de jeunesse de Villon devenus, comme il le dit lui-même, « grands seigneurs et m.aîtres4. »

L'officialité de Paris lui fournit au moins deux noms; ce sont ceux de Jean Cotard, son « procureur en court d'église » et de « maistre Françoys, promoteur de la Vacquerie. » Le premier est devenu célèbre par la ballade ou oraison que le poète écrivit pour son âme, appelée à ce propos « l'âme du bon feu maistre Jehan Cotard s. « Il y a tout lieu de croire que cette ballade, qui nous montre en son héros un buveur émérite, était, ainsi que quelques autres des pièces du Grand Testament, antérieure à cet ouvrage, et le succès qu'elle eut certainement peut expliquer pourquoi Villon s'est permis dans le huitain V de parler de « l'âme du bon feu Cotard, « bien que ce vénérable biberon vécût encore

1. Epître de « Clément Marot, valet de chambre du Roy aux lecteurs, » dans l'édition de 1 533. Cette épître est encore reproduite de nos jours parles éditeurs de Villon.

2. Origines des chevaliers, armoiries et héraux, dans \es Œuvres de feu M. Claude Fauchet, édition de 1610, f° 509 r°.

3. Parmi les documents détruits à cette époque et qui auraient pu être consultés avec profit, on peut citer les comptes de la maison du roi, des maisons des princes et des grands services; ces comptes furent mis au pilon en 1791.

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