Grand Testament, huit
5. Cette ballade vient à la suite du huitain 1 1 5 du Grand Testament.
comme le prouve le legs qui lui est fait. Jean Cotard, de famille parisienne', paraît fréquemment dans les registres de l'officialité en 1460 et 1461 et il y est qualifié de procurator ou de promotor curie^. — « Maistre Françoys, promoteur, de la Vacquerie » était un membre du clergé parisien, et des registres ecclésiastiques de 1450, 1458 et 1459 le nomment magister Franciscus de Vacariah Les paroles du poète reviennent donc à « maître François de la Vacquerie, promoteur » et ne renferment pas, comme l'a cru M. Paul Lacroix « une équivoque injurieuse » pour « promoteur de la vicairie4. » On ne s'explique pas le legs d'un « haut gorgerin d'écossais » que M. Lacroix considère comme la corde d'une potence ; toujours est-il que le huitain 1 1 3 représente le promoteur sous un jour si peu favorable que dans certaines éditions du xvi'' siècle s on a remplacé le nom de maistre Françoys par celui de Jean François : ce dernier nom est celui d'un autre promoteur auquel la pratique fut interdite le 28 août 1461 après qu'il se fut avoué coupable de vols commis chez Jean du Lac, dit Baubignon^. Il est presque inutile de faire remarquer combien la substitution de ce nom était intempestive, puisqu'elle ne laissait aucun sens au surnom de la Vacquerie.
Les strophes relatives aux deux promoteurs sont séparées par un huitain qui se rapporte à « maistre Jehan Laurens » dont le nom n'est accompagné d'aucune autre qualification. Jean Laurent était un des chapelains de l'église de Paris, et, nommé en 1460 ^v. style à l'office des anniversaires, il prêtait, le 1 2 janvier, le serment suivant la formule accoutumée?. Nous le retrouvons encore au 20 avril 1461 s.
Le Châtelet est représenté dans les poésies de Villon par Robert d'Estouteville, prévôt de Paris, et par Martin Bellefaye, P. Le Basanier, J. Mautaint, Rosnel, P. deRousseville, J. Le Cornu et Genevois, c'est-àdire au moins par huit personnages. Le prévôt de Paris n'est désigné ni
1. Jean Cotard avait un homonyme, « marchand orfèvre et bourgeois, » à Paris, en 1472. (Sauvai, Histoire et recherches des antiquités de Pans, t. III, p. 412.)
2. Archives Nationales, Z 7764, f"^ 5 r° et 58 v°. — Jean Cotard est encore nommé, mais sans qualification aux f"* 14 V, 46 r°, 82 vo, 98 r", 99 v", 102 v" du même registre.