‹ François Villon et ses légatairesChapitre 5 sur 38 · Grand Testament, huitain · texte numérisé non relu

Grand Testament, huitain

3. P. L. Jacob, bibliophile, Œuvres complètes de Villon, p. 13, note 6.

4. Ch. Thurot, De l'organisation de l'enseignement dans l'Université au moyen-âge, p. 38. — Il est bon cependant de rappeler ici que si Guillaume avait été le maître de François, il ne l'était plus à l'époque où celui-ci reçut la maîtrise : le registre de la Nation de France nous apprend qu'il étudiait alors sous maître Jean de Conflans.

l'Université, arrivait au baccalauréat en mars 1449 'n. st.). Dans l'été de 1452, il devenait licencié et maître es arts, et, comme nous savons par le Grand Testament qu'il était né vers 145 1 , il obtint le grade de maître à 21 ans environ. Ce renseignement est précieux pour la réhabilitation de la jeunesse de Villon et montre que quelquefois notre auteur se charge outre mesure. En effet, il se reproche de ne pas avoir « étudié au temps de sa jeunesse folle », d'avoir fui l'école ', et on croyait trouver en lui un écolier n'ayant pu atteindre à aucun des grades universitaires. Tout au contraire, Villon reçut la maîtrise aussitôt qu'il eut atteint l'âge réglementaire, car, pour obtenir ce grade, il fallait être âgé au moins de 2 1 ans et avoir étudié en arts pendant six ans ^.

A dater de 1452, Villon eut sans doute â son tour des élèves auxquels il put rendre quelques-uns des services qu'il avait jadis reçus de son maître. Ces élèves, du moins ceux qui étudiaient sous lui quatre ans plus tard, paraissent dans ses poésies; et Villon, après son départ de Paris, les appelle ses « jeunes orphelins 3 ». Ils se nommaient Colin Laurens, Girart Gossoyn et Jehan Marceau, et les érudits ne les ont considérés jusqu'ici que comme de jeunes malfaiteurs dressés au crime par Villon. L'un d'eux figure en 1454 sous le nom de « Girart Gossouyn le jeune, escolier à Paris 4 » et il pouvait être le fils de « Girart Gossouyn l'ainsné », alors notaire au Châtelet s. Villon comptait donc parmi ses écoliers au moins un jeune homme appartenant à une honorable famille parisienne, et ce fait peut être invoqué comme une preuve de sa conduite irréprochable à cette période de sa vie.

Les lettres de rémission accordées par Charles VII à Villon en janvier 1456 (n. st.) marquent la fin de cette période et constatent que jusqu'alors il n'avait « esté attaint, reprins, ne convaincu d'aucun autre villain » cas, blasme ou reproche ». François demeurait en 1455 dans le cloître de Saint-Benoit-le-Bétourné, non loin de la Sorbonne, dont il entendait sonner la cloche en écrivant son premier Testament 6. Or,

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