SCÈNE X
AÏKA, VILLON.
Grand duo.
AÏKA, s'approchant doucement de Villon, qui est tombe' sur un siège.
Ami, voua m’en voulez? Qu’avez-vous donc?
VILLON, amèremmt.
Moi? rien!
Grand merci!...
AÏKA.
Je suppose
Qu’il m’appartenait bien D’arrêter un combat dont seule j’étais cause.
VILLON
Que vous importait, cependant,
Si vous n’aimez ni l’un ni l’autre?...
Vous l’avez dit.
AÏKA.
Qui sait?...
VILLON
Puis, c’est peut-être autant La défense du bon apôtre Que vous pûtes là... que la nôtre!
Merci de la pitié qui s’attache à mes pas...
Que vous importe à vous, si vous ne m’aimez pas!...
A IRA, avec force, après une lièsita'ion.
Et... si... je vous aimais!
VILLON
Moi ! grand Dieu! c’est un songe I...
AÏKA.
Injuste! ingrat!... Et si tout bas,
Tremblante pour vos jours, môme au prix d’un mensonge. J’ai voulu vous sauver pour vous garder à moi?
VILLON
Ne m’arrache pas, vierge en qui je croi.
Au ravissement où sa voix me plonge !
AÏKA.
Cantabile.
Oui! ce n’est pas d’aujourd’hui que je t’aime;
Voilà longtemps que mon cœur est à toi...
Va! un amour plus puissant que moi-même En m’attirant te rapprochait de moi.
N’as-tu pas vu glisser, pauvre bohème,
Mon ombre amie entre la mort et toi?
Ah! ce n’est pas d'aujourd’hui que je t’aime, i le...
VILLON, reprenant.
Oui, je t’aimais à l’insu de moi-même.
Et c’est mon cœur qui se révèle à moi