ENSEMBLE
AÏKA.
Ah! malgré moi je me laisse entraîner ;
Un charme étrange et m’enivre et m’oppresse !
Si je fais mal, il faut me pardonner;
Villon, prenez pitié de ma jeunesse! ..
VILLON
Un ciel nouveau sur moi vient rayonner...
Que t'auraient fait son or et scs richesses?...
Va, moi, j’aurai mon sang à le donner!
Mon sang, ma vie, et toutes ses tendresses!...
AÏKA.
Eh bien! j’ai foi dans ton coeur, dans ton bras, Ton esprit m’éblouit, ton audace m’enivre...
VILLON
Oh! je t’aime!...
AÏKA, avec un entrainement complet.
Partons!... marche... je vais te suivre
VILLON j s’arrêtant pensif. Un silence.
Eh quoi! c’est toi qui me suivras?...
(a part, avec uu accent profoml.)
Devant cette innocence et cette jeune vie,
Qui s’ignore elle-même et mérite pardon.
Je sens mon cœur saisi par la mélancolie De ma propre misère et de mon abandon!
Hélas!
AÏKA.
Qui te retient? Qu’as-tu? Partons!...
VILLON
Qu'entends-je?
Partir! oh non!... L'entraîner dans ma fange,
Pour jamais rivée à mes pas!...
Aïka, la jeunesse est trop loin de la mienne.
AÏK.V.
C’est ma jeunesse, alors, qui te rendra la tienne!...
VILLON, profondément .
Hélas! hélas!
Homance.
Faut-il donc que les destinées Qui t'enchaînaient si loin de moi,
Au temps de mes belles années Ne m'aient pas entraîné vers toi!
O jours charmants, exempts de peine.
Où j’aurais pu vieillir en t’adorant...
Où sont-ils, vierge souveraine?...
Mais où sont les neiges d’antant... *
Al K A, doucement.
L’amour le rendra Ce printemps que tu pleures,
El ses plus douces heures.
L’amour te les prendra !...
* Refrain d'tino poésie de Villon. Les neiges d'anlan .signifient les neiges de l’an dernier.