‹ François Villon (volume 2)Chapitre 120 sur 402 · Enne est un juron des files ». Glose de Clément Marot · texte numérisé non relu

Enne est un juron des files ». Glose de Clément Marot

d'endurer ces privations, il me paraît difficile qu'elles soient damnées avec moi, déclare Villon.

François connaît aussi, parmi elles, cette Grosse Margot, dont le nom, très répandu parmi les filles, était tenu pour synonyme de ribaude, et servait parfois d'enseigne à des maisons mal famées. Mais la Grosse Margot était une personne, sans aucun doute, bien vivante et fort en chair ; si Villon la nomme « pourtraicture », c'est probablement parce qu'elle avait la face enluminée, peut-être aussi à cause de son goût très vif pour équivoquer sur les enseignes'. Et l'on trouve encore parmi les filles cette Marion l'Idole, qui, elle aussi, a bien existé ; une certaine « Jehanne de Bretaigne » à qui le poète laissera le droit de tenir des écoles d'amour. Or il ajoute amèrement : ce commerce se tient partout dans le monde, sauf dans la prison de Meung ; mais comme il faut bien mépriser ce dont on ne peut jouir, François Villon s'écriera : « Fy de l'enseigne ^ ! »

On ne peut douter que l'image de la dure Catherine de Vausselles ne soit désormais liée au souvenir de ces filles. Elle aura mal tourné. Noël Jolis, cà qui Villon laissa une poignée d'osier cueillie dans son jardin et deux cents coups administrés par la main de Henry Cousin, bourreau de Paris (M^ Henry, comme on disait), n'est autre que Noël, le « tiers » de ses malheureuses amours, l'ami à qui Villon aura peut-être confié sa Catherine suivant l'usage admis quand on partait en voyage. Noël a vu Villon battu tout nu ; qu'il soit à son tour roué de coups ' !

C'était l'habitude, à la fin des testaments réels, de faire des legs aux établissements de charité, aux hôpitaux'^.

A l'Hôtel-Dieu Villon ne sait que donner : ce n'est pas ici le lieu de faire des plaisanteries ; et les pauvres gens sont assez malheu-

I..T., h. 140, V. 1 591-1627. Cf. ch. V (suite), XIV (suite).

2. T., h. 141. Cf. ch. V (suite). — Satan raconte qu'un mari ayant demandé à un apothicaire une drogue pour être plus dispos, celui-ci lui donna une pilule purgative :

Lucifer. — Et fy, de par le diable, fy — Sathan, je dy fy de l'enseigne ! (Eloi d'Amerv.il, Grant Dcahlerie, ch. 114).

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