‹ François Villon (volume 2)Chapitre 146 sur 402 · On le corrige si bien qu'il s'amende · texte numérisé non relu

On le corrige si bien qu'il s'amende

7. Le Prisonnier Desconforte, p. 13, contient une ballade de proverbes imitée de celle de Villon.

8. Bibl. Nat., fr. 1719, fol. 145 vo : « Une dame d'excellente beaulté « parP. Danthe. Cf. Longnon, Œuvres de Fr. Villon, p. 195-196 ; la ballade des femmes (fhiii., p. 197) ;

2o6 FRANÇOIS VILLON, SA VIE ET SON TEMPS

Hélène, Didon, Genièvre, Yseult, telles étaient les grandes amoureuses ; ou encore la noble Médée, Florence, Polyxène, Pallas, Junon, Vénus la souveraine, Amaryllis, Proserpine la Romaine, Sidoine qu'aima Ponthus, Bethsabée, Judith, Grisélidis, Esther, Mélusine, Penthésilée : ainsi les énumère un poète de ce temps pour la gloire de cette Antoinette qu'il leur préféra '. Car on faisait alors mentir le vieux dicton sur la beauté des Anglaises et leur visage angélique, et celui qui attestait la réputation des Flamandes : on estimait leur démarche mauvaise ; on les disait mal habillées. Un doux parler, des yeux gais, le nez joli, de belles jambes, des habits bien faits, une chemise toujours fine et blanche, tels étaient les agréments qu'on reconnaissait alors aux dames de France \

Dans la description que Villon fera de la beauté, il se souviendra de la poupée archaïque célébrée par les vieux poètes, type qu'il a tout simplement transposé d'après le Koinan de la RoseK Mais qu'on relise la description de ses charmes flétris que fait la belle Heaulmière, vite on y verra ce qui est de convention, les mots vrais et sensuels qui appartiennent à Villon : qu'on se récite l'admirable début des Contredits du Franc Gontier, et l'on aura bientôt la même impression. A quoi sert alors d'accumuler tous les exemples antérieurs à Villon où une dame est dite blanche ou tendre ! Quand on aura cité toutes les « épaules menues », les « sourcils voultys », le « grand entre œil », les « lèvres vermeilles » et les « longs bras » de tous les temps et de toutes les dames, tous les « mentons fourchus » et les « clairs visages », on n'aura pas rendu compte de la puis-

Marccl Schwob, Parnasse satyrique, p. 158-159; Montaiglon, Ancicinies poésies françaises, VII, 299.

Page 1