‹ François Villon (volume 2)Chapitre 148 sur 402 · L. Thuasne, op. cit., p · texte numérisé non relu

L. Thuasne, op. cit., p

LE TESTAMENT ^.Oj

sance qu'exerceront ces mots, ces banalités, là où les place le poète.

Blanche, tendre, polie et attintée...

Rire, jouer, mignonner et baisier...

Ce ne sont ni des répétitions, ni des épithètes accumulées au hasard. Car nul n'a parlé avec autant d'ardeur et de mélancolie du corps féminin que Villon, sans doute parce qu'il l'aimait en songeant à sa fragilité, à la déchéance de la vieillesse, à ce condiment qu'était pour lui l'idée perpétuelle de la mort ' :

Corps femenin, qui tant est tendre, Poly, souef, si précieux, Te fauldra il ces maux attendre ?

Oy, ou tout vif aller es cieulx.

Au déclin du moyen âge, la vision de la Mort fut la dure leçon morale de la vie. Son image triompha partout \

La pensée de la mort, la préparation à mourir pour ressusciter à la vie nouvelle furent par excellence l'objet des méditations du chrétien. Hélinant, moine de Froidmont, avait écrit en français, dans les dernières années du xii'^ siècle, un poème célèbre, les Vers de la Mort, dont la rude beauté demeure encore sensible K Avant son élévation au pontificat. Innocent III, dans son lie Contemptii mundi, renchérissait encore sur les pages désolées du livre de Job ; il avait maudit la chair, montré en nous le travail de décomposition de la morf^. A partir du xiv^ siècle les grandes pestes avaient exercé de terribles ravages et exalté les sentiments de la foule. Les ordres nouveaux venus, les Célestins, les Dominicains, les Franciscains allaient parler à celte sensibilité, organiser des sermons mimés, des représentations théâtrales où la Mort triomphait du monde, entraînant

2. Voir ce qu'a dit là-dessus, de façon admirable, Emile Mâle, L'Art religieux de Ut fin du moyen âge en France, p. 375 et s,

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