PI. XL
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Les Pendus
Edition princcps du (irani 'l'eslamenl
publiée à l'arii par l'ierre l.evri en i 4X11
(Bibl. nat., Rés. y 246)
(Je suis François' Villon, et c'est ce qui me désole, car il vaudrait mieux que je fusse un autre, moi qui suis né dans cette petite ville qui s'appelle Paris, située près de Pontoise, ce qui vous aidera facilement à la reconnaître. C'est dommage d'ailleurs que je ne sois pas né à Pontoise, où je serais justiciable du roi, et non pas de ce méchant seigneur de l'Isle-Adam près de Pontoise, aujourd'hui prévôt de Paris '. Car bientôt, à l'aide d'une petite corde, mon cou connaîtra le poids de mon derrière'.)
Mais, un instant après, François était tout indigné à la pensée de la cruauté, de l'injustice de l'arrêt du prévôt. Il se débattait comme une bête qui défend sa peau ; bien qu'il y eût quelque risque à le faire (en général le Parlement confirmait les peines de la Prévôté en y ajoutant une amende ^), Villon en appela de la sentence prévôtale devant le Parlement de Paris. Le 5 janvier 1463 (n. st.) la Cour cassait le jugement en ce qui
quant il fut jugiê ; Marot ajoute a iiiounr. Les mss. né donnent rien. Rabelais, 1. IV, ch. 67, ii cité une variante orale du quatrain.
1. Marcel Schwob dit que Villon joue sur son nom de François, /;■««((/ /.v, estimant que s'il était Savoyard, par exemple, il pourrait recourir à son prince, comme Robin Dogis. Mais comment savait-il, à cette date, que le duc de Savoie devait venir à Paris?
2. Cf. Arch. Nat., X'» 4830, fol. 150 v. 2 mars 1489, n. st. « Entre Jehan le Fevre appellant du prevost et autres officiers de l'Isle Adam et du vicaire de Pontoise d'une part, et Colin Galoys, intimé d'autre part, Brison, pour l'appellant, dit que l'appellant est bon laboureur, de bon gouvernement et n'a commis aucun espèce de delict, et est subject du roy en la chastellenie de Pontoise et n'est de la chastellenie de l'Isle-Adam. Neantmoins ung nommé Perrot Troussel, en aoust dernier, accompaigné de XX ou XXX hommes, se transporta en l'ostel du frère de l'appellant, ou lieu de Nesle, estant de ladicte chastellenie de Pontoise, et meist la main à lui, le voulant mener prisonnier à l'Isle-Adam. L'appellant lui remontra qu'il n'a voit rien fait et qu'il n'estoit subject de l'Isle-Adam... »
3. Ce dernier trait était fort ancien. Ach. Jubinal l'a relevé dans le Dit Moniot de Fortune, xiiie s. (Bibl. Nat., ms. fr. 837, fol., 248 r") :
Bien tost pourra sa goule — Savoir que son Cul poise. (f J'ay trouvé une ancienne pièce de poésie dont Villon a imité ce vers :
Sa goule sot — Combien son cul pesant li fu. Cette pièce est intitulée de Rcnart et de Piau d'oue, fol. 77 du ms. de la Bibl. du roy, n» 7218 » [aujourd'hui, fr. 837, fol. 77.] (Note sur l'exemplaire de l'édition de Galiot du Pré, 1532, conservé à la B. N., Réserve Y<= 1295).