En général de 60 1. (Arch. Nat., X
concernait la pendaison ; mais elle maintenait qu'à cause de sa « mauvaise vie », en raison de son existence antérieure, de son passé chargé de condamnations, François Villon devait être banni pour dix ans de la ville et prévôté de Paris'. Il y avait en ce temps-là trois personnes qui purent présider les assises criminelles : Nanterre, Boulenger et Thiboust^ Peutêtre que Henri Thiboust, chanoine de Saint-Benoît, fut pour quelque chose dans l'adoucissement de la peine qui frappait le malheureux poète ?
Mais, ce qui est certain, c'est que François Villon fut fort heureux : il adressa au clerc du guichet, Etienne Garnier ', un personnage de moralité douteuse et qu'il devait bien connaître, une des plus joyeuses ballades qu'on puisse lire :
Que vous semble de mon appel, Garnier ? Feis je sens ou folie ?
Toute bestc garde sa pel ; Qui la contraint, eiforce ou lie, S'elle peult, elle se deslie.
Quant donc par plaisir voluntaire Chantée me fut ceste omelie4, Estoit il lors temps de moy taire ?
Se feusse des hoirs Hue Cappel, Qui fut extrait de boucherie.
On ne m'eust, parmy ce drappel, Fait boire 5 en ceste escorcherie.
Vous entendez bien joncherie ?
Mais quant ceste paine arbitraire On me jugea par tricherie, Estoit il lors temps de moy taire ?
Guidiez vous que soubz mon cappel^ Y eust tant de philosophie
1. Bibl. Nat., Dupuy 250, fol. 59. Voir Pièces justificatives (Document découvert et commenté par Marcel Schwob, François Villon, notes et rédactions, p. 117 et s.).