I. Voir t. 1, p
SA LÉGENDE ^^JT^
marchands qui vont à la foire, des commerçants qui rêvent de voleurs '.
Enfin les Repues Franches ne nous apprennent rien que nous ne sachions déjà. Elles commandent toute la tradition, la légende villonnesque : mais elles reproduisent seulement les traits hilares et de bon buveur sous lesquels François Villon avait désiré de passer à la postérité. Traits que nous avons peu de raison de tenir pour véritables et qui masquent le douloureux visage du poète.
Villon avait terminé en effet son Testament par un trait burlesque, une grosse forfanterie de chopineur^ :
Prince, gent comme esmerillon, Sachiez qu'il fist au départir :
Ung traict but de vin morillon, Quant de ce monde voult partir
C'est exactement l'aspect qui sera donné à Villon dans les Franches Repues :
Maistre Françoys, ce bon archer >,
c'est-à-dire ce joyeux buveur.
Villon avait encore demandé qu'on écrivît autour de sa fosse, sur le plâtre de Sainte-Avoye, l'épitaphe suivante ^ :
CY GISÏ ET DORT EX CE SOLLIER )', qu'amours OCCIST de SON' RAII.I.ON ^, UNG POVRE PETIT ESCOLLIER, QUI FUT NOMMÉ FRANÇOYS VILLON.
1. C(. La Médecine de Maistre Griiiiache dans Montaiglon, Ane. pot'sies françaises, I, p. 173 : Pour avoir des poussins huppe:^ :
Quant vous mettez couver les œufs, — Mettez un sac à coquillon — Sur vostre teste, comme ceux — Q.ui vont au marché à Villon...
2. T., V. 2019-2023. Cf. M. Schwob, François Villon, rédactions et notes, p. 147.