Voir ch. VI
8. Voir à l'appendice le commentaire de ce passage difficile.
est riche, possède du bien à Paris, et sans doute à la campagne, puisque Villon assure :
QjLii ne tient ne mont ne vallée '.
Qu'on lui donne donc vite ses braies, c'est-à-dire le petit caleçon, presque une ceinture, que les hommes portaient sous la chemise ^ On les trouvera aux Trumclières, une taverne près des Halles, où elles ont été laissées en gage par le poète, qui risque encore ici un calembour : car les braies peuvent être dans ces hautes bottes qu'on appelait en ce temps-là « trumelières ». Qu'en fera-t-il ? Robert Vallée coiffera de ce vêtement masculin sa bonne amie ou sa femme. Madame Jeanne de Milières, puisque cette personne jouit du commandement dans leur ménage, qu'elle mène cet enfant par le bout du nez : c'est un benêt, un homme que le Saint-Esprit devrait mieux inspirer, qui n'a pas plus de sens qu'une « au moire » : or bien qu'il soit fou, pense en soi Villon, je lui lègue encore cet ouvrage très ridicule, YArs memorativa ; il le retrouvera chez « Malpensée ». Et voici sans doute un calembour de plus. Mais Villon s'avise tout à coup qu'il a négligé d'assurer la vie de cet homme riche; il demandera donc à ses parents de mettre en vente son haubert de chevalier, c'est- à-dire son casque ; avec l'argent qu'on en trouvera, ils achèteront à ce « poupart » une de ces petites et misérables loges à écrivain que l'on rencontrait le long de Saint-Jacques de la Boucherie'.
La pensée de Villon se porte maintenant sur l'ami Jacques Cardon, qui était un riche drapier '^. Il lui donne, selon la formule de style, « en pur don », ses gants et la huque de soie n'existant que dans son imagination. Pour cet homme, qui aime la richesse, François ajoute aussi le legs du gland « d'une
2. On a vu qu'on laissait en gage à la taverne ses habits parfois. On ne devait pas, à coup sur, y laisser ses braies, t. I, p. 73-74.