Arch. Nat., X^" 27, 4 mai
tations de la femme de le Picart, les rôles et le papier des amendes ; en outre, il rosse l'épouse du tabellion. Après quoi Philippe eut le front de retourner à la taverne pour demander une déclaration des frais occasionnés au sujet d'un homme qu'il avait fait exécuter sur la justice de Grigny, pièce que le Picart refusait de signer. Alors Philippe Brunel réunit les couteaux sur la table et fit le simulacre de frapper le tabellion. 11 commanda enfin à un sergent de l'arrêter '.
Le 9 août 1479, le seigneur de Grigny était prisonnier à la Conciergerie du Palais et sollicitait d'être élargi ^. Car Philippe, s'il possédait de beaux droits sur la terre de Grigny, les faisait durement peser sur les habitants qui le détestaient; et ceux-ci savaient s'en venger, à l'occasion.
Un vol avait été commis dans l'église Saint-Antoine de Grigny, où l'on avait pénétré en brisant les verrières. Or, le 4 octobre 1478, on aurait vu Philippe se promener dans l'église pendant la grand'messe et soulever les coffres qui v étaient déposés, afin de connaître les plus pesants. Après la messe Philippe aurait été vérifier o\x les marguilliers mettaient calices et burettes. Et comme on lui demandait ce qu'il désirait, Philippe répondit qu'il voulait consulter le Missel afin de connaître le jour de la dédicace de l'église ! On rapportait encore que le 8 octobre, malgré les défenses qui lui avaient été faites de se rendre à Grignv, Philippe était arrivé de Paris, accompagné de son page et de maître Jean Gombault?. On les accusait d'avoir crocheté le coffre renfermant les calices et les burettes de l'église, et volé le chaperon et le bonnet du curé, plus la somme de 30 francs ; dans un autre coffre, ils auraient enlevé deux robes de femme, des anneaux, un couvre-chef et quelque argent 4.
Le tabellion, menacé jadis, trouva là une bonne vengeance : Jean le Picart, et d'autres marguilliers, imputèrent ce vol sacrilège à leur rude seigneur. On déclara l'avoir vu passer la Seine à Champrosay ; et, à leur requête, Philippe Brunel fut mis en la grosse tour de la Conciergerie, avant même qu'on put prouver sa participation au vol. Mais alors on le tenait pour un a homme mal famé », déjà plusieurs fois poursuivi et condamné par le prévôt de Paris et par le Parlement. Car, à son sujet, les habitants de Grigny faisaient des plaintes continuelles.
Ce procès était grave : le 14 mai 1479, le chancelier écrivait au Parlement de conduire cette affaire avec diligence, que les habitants de Grigny et de Corbeil se plaignaient fort. Ainsi Philippe Brunel, perclus de rhumatismes, demeura détenu quatorze mois à la Conciergerie, où il fut interrogé et géhenne ! Il dut éprouver combien il est dangereux d'être notoirement de vie mauvaise, de manquer de respect à un voisin comme le premier président, quand il convoite vraisemblablement vos terres. Brunel donna un alibi