‹ François Villon (volume 2)Chapitre 211 sur 402 · Bibl. Nat., fr. 20684, fol · texte numérisé non relu

Bibl. Nat., fr. 20684, fol

30é FRANÇOIS VILLON, SA VIE ET SON TEMPS

queux ou gentilhomme de cuisine, et recevait 200 1. du roi Charles VII « en considération de ce que le dit Lubin avoit preste par l'ordonnance des chancelier et conseillers du roi à l'évêque de Laon (intendant général des finances) la somme de 1000 1. pour remettre à Louis Boyaux, chevalier, chambellan, tant pour lui que pour certains gens d'armes à Baugency '. » En 1436, on trouve qu'il possédait des terres à Gonesse en iirie -^ ; en 1447, il est dit premier queux du roi i, et, en 1452, premier queux de bouche 4. Lubin figure régulièrement dans' les comptes royaux, préparant par exemple le dîner traditionnel des treize pauvres du Jeudi-Saint ; et on le voit remboursé, pendant le Carême, de ses avances pour l'achat d'huile, d'amandes, d'épices, etc. s. En 1452, il bénéficia de diverses gratifications ^ ; on le dit, en 1455, « ancien homme? », et il recevait 80 1. tournois, au mois d'août, « pour s'en aller à Paris ou autre part qu'il luy plaira retraire de tous poins, parce qu'il ne peut plus servir, obstant sa vieillesse. » En fait il acquit cette année-là le fief de Montigny, non loin du moulin de Bures, que lui vendit le malheureux ami de Villon. Ainsi Lubin Raguier dut s'installer près du château d'Orsay lez Palaiseau qu'avait fait construire Raymond Raguier, le maître de la Chambre aux deniers du -roi, le frère du trésorier des guerres Hémon**. Un Guillemin Raguier, qui est dit enfant de cuisine en 1453, lui succéda, sinon dans son office de queux, du moins dans celui de « hasteur » des cuisines royales : il surveillait donc la cuisson des viandes et au besoin tournait la broche 9.

Quant à son fils Jacques, il requérait, le 21 mars 1452 (n. st.), l'entérinement des lettres du don de l'office de garde des fours de Champagne et de Brie, à la place de son père 'o. C'est vraisemblablement là le personnage visé par François Villon, et non pas Jacques, fils d'Antoine le trésorier des guerres, qui n'aurait guère eu qu'une dizaine d'années au temps du Testament, et qui est dit licencié en 1480 ". Le légataire de Villon ne peut pas être cet abbé de St-Jacques de Provins, qui succéda dans l'évêché de Troyes à son oncle Louis, en 1483, et mourut en 15 18 '^. Ce grand personnage aima les livres, et il achetait ces nouveautés que l'imprimerie commençait à répandre '5. S'il lut

1. Vallet de Viriville, Hii/o/re de Charles VII, I, p. 574(rautcur dit dans une note que Lubin Raguier appartenait à la famille d'Hémon).

Page 1