Gallia Christ iaiia, XII
13. Il achète un pourpoint et des chausses pour un nommé Martial, prisonnier de l'évêché, qui lui copie un : de Lyra ; des imprimeurs de la ville, il acquit, entre i486 et 1487, les Dccrétales, Sixieswe, Clémentines, un Perse, un Térence, un Juvénal, un Catltolicon : le livre de « Ratio et modus » (Arch. de l'Aube, G. 247, 317).
les attaques contenues dans le Testament de ce mauvais garçon, François Villon, qu'un libraire parisien édita en 1489, il n'eut pas à se formaliser au sujet de critiques qui atteignaient ses parents éloignés, grands buveurs et mangeurs '.
Les traits de la satire de Villon conviennent assez au fils altéré d'un maître queux, comme l'était Jacques Raguier, et que le poète assure «voisin de Philippe Brunel.
duant à Jean Raguier, il est également impossible de le reconnaître dans la personne de Jean, fils d'Antoine Raguier, trésorier des guerres, et de Jacquette Budé, né en 1445 ^. D'ailleurs, François Villon nous le dit : c'est l'un des douze sergents du prévôt. Certes, Villon n'entend pas confondre cet office avec celui du vulgaire sergent au Châtelet 5 : mais ses fonctions ne sont pas à comparer en importance avec celles de Jean, fils d'Antoine, que l'on trouvera, en 1468, prenant part aux joutes de la Tournelle-t. Ce Jean Raguier grenetier de Soissons, trésorier des guerres du duché de Normandie, remplira, en 1476, l'office de receveur général des finances, au même pays, et sera qualifié de conseiller du roi et de maître des Comptes, en 1485 et en 1495 5. Le légataire de Villon ne peut pas être non plus Jean Raguier, le fils du trésorier des guerres Hénion et de Gillette de la Fontaine, qui naquit en 1403, personnage également considérable, que tinrent sur les fonts du baptême la duchesse de Bretagne, fille de Charles VI, et le grand maître d'hôtel, Jean de Montaigu *. Celui-là on le trouve, en 1449, receveur des barrages de la ville de Paris ' ; en 1461, grenetier à Laon^; propriétaire^ en 1463, d'une maison à Paris, rue de la Vieille-Tixeranderie, contiguë au Pet au Diable 9 ; il est dit, en 1 481, procureur en Parlement et procureur du roi au bailliage du Palais '0.
Le Jean Raguier visé par Villon doit être un jeune homme. C'est sans doute le sergent à verge de 1472, contre qui appelait un prisonnier de la Conciergerie, Yvon Geoffroy " : mais à coup sûr il appartenait à cette puissante et riche famille des Raguier. Sans doute, il faisait valoir que de grands biens pourraient lui revenir un jour, puisque Villon, qui n'a rien, lui lègue ironiquement la somme de 100 francs, sans compter ce qui pourra lui échoir à l'avenir : mais, conclut-il sentencieusement, il ne faut pas trop prendre des siens, ni son ami « surquérir. »