‹ François Villon (volume 2)Chapitre 231 sur 402 · Arch. Nat., X*» 4810, fol · texte numérisé non relu

Arch. Nat., X*» 4810, fol

pondait : « que l'intimé est souffisant et ydoine, et a l'en acoustumé mettre ung ancien et ung jeune pour vendre ensemble. » Toutefois le procureur des poissonniers lui refusa ce titre d'expert, déclarant qu'il ne s'était jamais mêlé de la vente des poissons, qu'on l'élisait communément parmi les clercs des vendeurs qui, parfois, avaient servi 20 ou 30 ans et plus. « Et supposé qu'il soit expert en autres choses, si ne l'est-il pas au fait de vendre poisson. Dit que les ordonnances qui sont faictes pro botio rei ptiblice se doivent garder et ne se doivent rompre pour le prouffit d'un particulier. » A quoi Perdrier répliquait qu'il se connaissait en marchandise de poisson, et qu'il « a demouré huit ans sur la mer. » II déclarait aussi que, malgré les affirmations du procureur, les vendeurs échangeaient leurs offices, en prenaient profit, faisaient vendre par leurs clercs ; au surplus ils devaient être riches : et Perdrier l'était. On le retrouve commis du grenier à sel établi par le roi à Caudebec, dès novembre 1467, où le grenier, joignant l'hôtel du Chapeau Rouge, fut envahi par les eaux de Seine '. II est dit, le 3 juin 1482, bourgeois de Paris. François mourut, le 29 août 1487, receveur pour le roi à Caudebec ^.

C'est le peu que nous savons sur les deux frères Perdrier : ils appartenaient à une famille riche, exerçaient toutes sortes d'offices, pourvu qu'ils rapportassent des bénéfices ; et François fut, entre autres, vendeur de poisson.

Mais on voudrait savoir qu'ils aient été écuyers de cuisine : car cette fonction donnerait l'explication de la plaisanterie du legs de la ballade des Langues envieuses. Mais il n'est pas téméraire de l'induire.

Car l'office d'écuyer de cuisine était recherché, surtout par les jeunes gens nobles et les familles de bourgeois riches. Ainsi on voit que Philippe Brunel, lui aussi un ami de la jeunesse de Villon, exerça cet office auprès de Marguerite d'Ecosse et de ses soeurs >.

Cet écuyer agissait alors comme une façon de souverain dont le royaume était l'une de ces grandes cuisines éclairées par des flambées joyeuses. Il régentait tout : officiers de la paneterie, cuisiniers, galopins, sans oublier les chiens. Il avait pour office de dresser les mets, suivant une étiquette qui variait avec le rang et la qualité de chacun. La viande surtout était de sa charge, et il la montait sur des plats d'argent. Puis il dînait à la cuisine, avec les officiers de la maison : mais, chez un pauvre et saint homme, comme Jean d'Angoulême, le frère de Charles d'Orléans, l'écuyer de cuisine se faisait servir dans des plats d'argent •*.

1. Bibl. Nat., P. orig. 2253 Pefdrier : rapport des lieutenants des élus de Caudebec, le 28 avril 1469. — Il est dit, le 3 juin 1482, bourgeois de Paris (Arch. Nat., X'-^ 4823, fol. 213 v°).

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