‹ François Villon (volume 2)Chapitre 230 sur 402 · Arch. Nat., X'" 25, fol · texte numérisé non relu

Arch. Nat., X'" 25, fol

8. Il demeurait en 1458 rue Barbette, en face de chez Thibaud de Vitry (Arch. Nat., MM. 135, fol. 4, 34 v").

3l6 FRANÇOIS VILLON. SA VIE ET SON TEMPS

telet ; Françoise, qui épousa Jacques de Haudecot, huissier en la cour de Parlement '.

Telle était la famille des deux amis de François Villon.

Jean Perdrier, né en 1432 2, était émancipé en 1454. En 1464, il est qualifié d'écuyer et de concierge de l'hôtel des Loges dans la Forêt de Laye (ainsi Antoine Raguier était gruycr de la forêt de la Garenne de Rouvroy lez Saint-Cloud), et il recevait 250 1. du roi pour réparer cet hôtel ; argentier du comte du Maine, en 1477, on le dit valet de chambre du roi, en 1482; en 1485, il rendit hommage du fief de Marcilly à Médan, en la châtellenie de Poissy 3,

Quant à François, il dut remplir des charges dans l'administration des finances, puisque plus tard on le trouvera commis du grenier à sel établi à Caudebec : mais il était « bourgeois de Paris ». La première mention que nous rencontrons de ce personnage remonte seulement au 14 mars 1468 : François Perdrier plaidait contre le procureur de la marchandise du poisson de mer à Paris 4.

La vente du poisson de mer formait alors un commerce très important dans la capitale. On y mangeait beaucoup de poisson, à cause des jeûnes et du carême, et aussi parce que la viande devait être un assez grand luxe. Les églises, les collèges, l'Université, avaient besoin de grandes quantités de poisson. Ce commerce avait donc été réglementé par des ordonnances et on le disait privilégié. Il n'y avait que dix vendeurs de poisson de mer à Paris. Ils devaient être choisis parmi de riches et puissants personnages, possédant toujours les capitaux nécessaires pour régler ceux qui leur apportaient le poisson, les chasse-marées. Quand un office venait à vaquer, on procédait à une élection. François Perdrier avait obtenu du roi Charles VII, un peu avant sa mort, des lettres pour être reçu vendeur ; il avait même offert le dîner qui lui coûta bien 30 livres, et on lui avait délivré la pierre pour vendre son poisson. Mais le procureur de la marchandise fit opposition devant le prévôt de Paris, et l'affaire fut renvoyée aux Requêtes. Alors Perdrier attendit qu'un autre vendeur vînt à mourir, et il présenta de nouvelles lettres au prévôt qui ordonna au procureur de la marchandise d'entériner ses lettres, comme suffisant et bien cautionné ; ce dernier délayant encore, le prévôt institua Perdrier en son office. Le procureur prétendit alors qu'il fallait être expert dans le métier, et que le vendeur devait vendre son poisson en personne : à quoi l'avocat de Perdrier ré-

1. J'ai tiré ces renseignements du mémoire de la Bibl. Nat., P. Orig. 2235, et de l'Epitaphier des Innocents, Arch. Nat., LL. 454B .

2. « Vendredy 10 mai 1454. Aujourd'huy Guillaume Perdriel, changeur et bourgeois de Paris, pour la bonne et vraie amour paternelle qu'il a à Jehan Perdriel, son filz, aagié de xxij ans ou environ, considérant son aage et discrecion, a émancipé et mis hors de sa puissance paternelle et lui a donné licence, etc. Laquelle émancipation icellui Jehan Perdriel a eue agréable » (Arch. Nat., Y. 5252).

3. Bibl. Nat., Clair. 764. 28 fév. 1482, n. st. — P. Orig., mémoire cité.

Page 1