Bibl. Maz., ms. 3035, notes de Du Fourny
APpeîJdicé ^19
vôt des marchands, par Denis Hesselin ' ; Nicolas mourut conseiller à la cour, le 15 novembre 1483 ^, et fut inhumé aux Innocents.
C'était un personnage considérable, ayant su partager la faveur de deux rois, et qui avait rempli des missions très honorables. C'est ainsi que, le 10 décembre 1460, on le voit partir en ambassade à Bourges 3 ; puis, à la nouvelle de la mort de Charles, le 22 juillet 146 1, il était élu par l'échevinage pour se rendre vers Louis XI et lui faire part du dévouement de la ville de' Paris 4. Par ses deux mariages, Nicolas touchait au monde de la finance et du Parlement. Sa première femme, morte en 145 1, était Michelle Brice, fille de l'épicier Martin Brice ; la seconde, Jeanne Petit.
Nicolas de Louviers était fort riche, possédait plusieurs maisons à Paris : l'une, rue du Temple, où il demeurait ; une autre, rue Saint-Martin, à l'enseigne des Trois Degrés ; une autre, à l'enseigne du Croissant, rue Guérin- Boisseau î. Il avait en outre des terres et des vignes aux environs de Paris : dans la vallée de Montmorency, au Plessis-Bouchard, à Franconville, à Ermont, à Margency, à Saint-Leu-Taverny, à Saint-Prix ^.
Que lui manquait-il? La noblesse. Le roi Louis XI la lui accorda, en 1464, en considération de ses services éminents, de sa vie louable et de l'honnêteté de ses mœurs 7. Ainsi Nicolas de Louviers devint « noble homme et sire », seigneur de Cannes en la châtellenie de Montereau-Fault- Yonne *.
Et cependant cette noblesse-là sentait bien sa roture, peut-être même l'usure? Le 20 décembre 1461, notre maître des Comptes était en effet en procès avec Mathieu Laigneau, fermier du pont de Charenton. Louviers avait fait passer 200 moutons, se prétendant exempt de péage à cause de son office. Le 1 1 décembre, Culdoe plaidait pour Laigneau : voici comment il s'exprimait au sujet de notre échevin : « Combien que le demandeur [Louviers] feust marchant publique, et par ce tenu de paier ledit péage, neantmois le demandeur a persévéré d'avoir despens 9... » Ce « sire » faisait donc publiquement commerce de moutons et entendait jouir de ses prérogatives pour frustrer le fisc !
Par sa famille, Nicolas appartenait d'ailleurs à un milieu de financiers et de drapiers parisiens, ayant fait depuis longtemps des placements en terres autour de Paris.
Ainsi Jean de Louviers l'ainé, père de Nicolas, marchand et bourgeois de Paris, jouissait en 1402 d'une rente de 20 1. sur le fief de Clerbourg, à Hérouville, dont Jacques Péronne était le débiteur. Et ce Jean de Louviers