Bibl. Nat., Clair
ii.Iiid.
les mégissiers et les drapiers, et il avait tant fait que ces derniers avaient obtenu gain de cause. Mais Merbeuf ne reconnaissait pas avoir promis la houppelande : sur quoi la Prévôté condamnait Lorens Laignelet à de raisonnables dépens '. Le 26 avril 1462, Pierre Merbeuf émancipait son fils Etienne, écolier à Paris, âgé de vingt ans^. Le 4 juin 1464, avec Simon de Rueil, avocat au Châtelet, il était exécuteur du testament de feu Renaud Mouchet, curé de Saint-Landry >. On le voit mentionné, le 4 mars 1471 (n. st.), avec Etienne Merbeuf dans un procès soutenu contre Pierre Bouquet 4. H était mort le 12 janvier 1475 > : car l'on voit sa veuve Michelle, et ses enfants Etienne, Andry, Pierre, Perrette et Jeanne, poursuivre un prêtre, Jean le Rouge, pour raison de 28 s. p. de rente qu'ils avaient droit de prendre sur une pièce de vigne dont le prêtre était détenteur. On voit que Merbeuf possédait, en 1457, des vignes au lieu dit la Fontaine, dans la censive du Temple ^.
Le sens de la plaisanterie du huitain 92 du Gratit Testament est maintenant simple à comprendre. Villon entend se moquer de ces bourgeois qui veulent vivre comme des nobles. L'apanage de la noblesse était la chasse, en particulier la chasse où l'on fait voler l'oiseau, le faucon ou l'épervier. C'est pourquoi il dira de Merbeuf et de Louviers qu'ils sont « gens à porter esperviers 7 » .
Mais il ne suffit pas d'être homme à « porter épervier » pour s'entendre à faire voler l'oiseau : il y a la manière, qu'ignorent sans doute ces trafiquants. Aussi, comme les mauvais chasseurs, ils iront acheter leur gibier chez la Machecoue, qui était une rôtisseuse célèbre, la veuve d'Arnoulet Machecou, poulailler au Lion d'Or, en la Saunerie, proche le Châtelet ^.
Un texte de l'Abusé en cour 9, poème datant du règne de Louis XI, ne laisse aucun doute sur le sens de cette plaisanterie traditionnelle, qui peut encore avoir quelque sel au village :
« Ne passa plus gueres de jours, que mes conduicteurs me menèrent aux champs pour faire volter nostre oyseau. Et au partir de mon logis, vint Abuz à moy et me