‹ François Villon (volume 2)Chapitre 250 sur 402 · Bibl. Nat., fr. 4752 (généalogie du xvi' siècle · texte numérisé non relu

Bibl. Nat., fr. 4752 (généalogie du xvi' siècle

Son fils, Jean de Rueil le jeune, le remplaçait comme auditeur dès 1489.

Les Rueil étaient riches, puisqu'en 1490, le père et le fils se constituaient acheteurs de biens pour 200 écus envers Jean le Lièvre'. Jean de Rueil eut pour frère Thibaud de Rueil, l'orfèvre, qui émancipait son fils, âgé de 25 ans, en 1467 ^; il eut pour sœur Jeanne, qui épousa Guillaume Rabâche, également orfèvre, d'une famille alliée avec celle de Jean Riou 3 : elle demeurait rue des Gravilliers, au 50/^/74. Simon de Rueil, qui fut avocat au Châtelet, auditeur en 1442, et que Jean remplaça en 1462 5, était son frère ou son oncle : il mourut en 1478 et on le voit, avec Pierre Merbeuf, une autre victime de Villon, exécuteur du testament de Renaud Mouchet, curé de Saint-Landry, mort en 1464^. Pierre, l'épicier, décédé en 1473, était frère de Jean de Rueil : il avait épousé Catherine Ravisse dont il eut trois enfants : 1° Isabeau qui épousa Guillaume de Laillier, puis Guillaume le Maçon ; 2° Pierre, dit cousin de Jean de Rueil, qui fut comme lui échevin de Paris en 1494; 3° Jean".

Voici comment un avocat au Parlement de Paris s'exprimait au sujet de ce personnage, le 15 mars 1473 ("• st) ^ :

« Breban, pour les appellans... dit que feu Pierre de Rueil, en son vivant estoit notable marchant, bien renommé, et que ou fait de sa marchandise ne autrement ne fut oncques reprins ; et avoit accoustumé de baillier à pluseurs gens, marchans et autres, de ses marchandises à créance, et faisoit tout escripre en son papier... Et mesmement feu (jilles Bachelier, espicier, prenoit leans plusieurs denrées d'espicerie et par longtemps ; et estoit escript ce qu'il prenoit, et le pris, oud. papier... ».

Nous possédons maintenant les éléments nécessaires pour comprendre la plaisanterie de Villon.

S'il lègue à Mautaint, à Basanier et à Rosnel,

De girofle plain un panier

Prins sur maistre Jehan de Rueil,

c'est que Mautaint, Basanier et Rosnel, tous officiers du Châtelet, avaient quelque chose à voir avec Jean de Rueil, auditeur des causes de cette juridiction ; c'est aussi p^rce qu'on payait à monsieur l'auditeur des épices9, d'où le don du panier de girofle ; c'est enfin parce que Jean de Rueil était riche, que son frère exerçait un gros commerce d'épicerie. Et cette plaisanterie-là vaut bien une rime imparfaite.

Page 1