‹ François Villon (volume 2)Chapitre 259 sur 402 · XXIX. — NOTE SUR L'ORFÈVRE DE BOIS, Questionneur · texte numérisé non relu

XXIX. — NOTE SUR L'ORFÈVRE DE BOIS, Questionneur

L' « Orfèvre de Bois », en raison de la place 011 Villon lui fait un legs ', ne peut appartenir qu'au milieu du Châtelet. Villon en parle en effet entre le legs relatif aux sergents et celui qui concerne le capitaine des archers. Or, dans le procès du duc de Nemours, de l'année 1476 2, il fut question de mettre à la torture plusieurs personnages pour obtenir d'eux des dépositions. Le 22 octobre, on devait géhenner Pierre Rainade, dit Cabanes : comme on ne pouvait appliquer la question de l'eau, à cause des gelées, les juges pensèrent alors qu'on pourrait appliquer celle « des brayes du mareschal au talion, celle du cinge et des flustes » ; et ils firent venir le questionneur et ses compagnons. C'étaient :

« Jean Loyset, questionneur Jehan Mahé, dit l'Orfèvre de Bois Jacotin Bourdon Huguct Chantereau Jehan Doublet tous sergens à verge du roy nostre seigneur au dit Chastellet de Paris ».

Jean Mahé, mentionné comme sergent à verge dès le 11 mars 1462 (n. st.) 3, était encore dans cet office en 14(81 4. C'est lui, sans nul doute, le personnage visé par Villon, et qui appliquait la question sur les tréteaux, avec l'eau et les cordes. Elle était alors assez rigoureuse >.

On tenait celle de la courte-pointe pour la plus douloureuse ; celle des « brayes » était peu de chose et donnée communément aune femme ou à un enfant : elle consistait à serrer le talon ; celle du « cinge » était « bien forte, mais peu grevant au corps ». Le prisonnier était dépouillé, mis en chemise et déchaussé, pour être tiré ou boire l'eau 6.

Tel était l'office de Jean Mahé. Son surnom (l'orfèvre de bois) paraît bien être un quolibet populaire ; un sergent à verge du même temps était dit « l'empereur du houx » 7.

2. Bibl. Sainte-Geneviève, L. f. 7, ms. 2CX)o. — Document découvert pur Marcel Schwob. ?. Arch. Nat., X*^ 4807, fol. 221.

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