‹ François Villon (volume 2)Chapitre 276 sur 402 · Arch, Nat., X»» 4811, foL · texte numérisé non relu

Arch, Nat., X»» 4811, foL

APPENDICE 35 î

Telle fut l'existence, âpre et dure, d'un grand financier que Villon nous a donné pour un pauvre orphelin. Tel fut l'ennemi de son protecteur, Robert d'Estouteville.

Girart Gossouyn l'aîné était également un vieil usurier et un spéculateur sur le sel.

En 1433, il est dit maître des garnisons de Monseigneur le Régenta II tenait, comme Jean Marcel, le parti anglais. Il demeurait, depuis 1431, à Rouen oià il exerçait l'office degrenetier^ : à Paris, un notaire du Châtclet, Jean Bouté, gérait ses intérêts. Il est dit notaire au Châtelet, le 3 juillet 1454 3 ; mais il faisait aussi des spéculations sur le sel, qu'il conservait dans la cave de sa maison, rue Thibaud-aux-Dés. Il était mort à la date du 12 janvier 1468 : ses héritiers furent Gautier Gossouyn, Simon de Plains et Jean Grogente4.

Voici deux affaires qui nous instruisent sur les opérations de Girart Gossouyn,

En 1422, au mois de décembre, Girart Gossouyn avait acquis de feu Erart et de Jean du Pré, demeurant à Bagnolet, 4 1. p. de rente sur des vignes, pour le prix de 35 1. 12 s. C'était un prix beaucoup moindre que celui du roi, et néanmoins les vendeurs payèrent les arrérages de la rente jusqu'à l'an 143 1 inclus, soit neuf années montant à 36 1. p., somme qui dépassait de beaucoup le principal.

En 143 1 , Gossouyn était allé demeurer à Rouen, 011 il resta jusqu'au recouvrement de la Normandie par Charles VII. Comme il était très lié avec Jean Bouté, notaire au Châtelet de Paris, qui conservait ses biens dans sa maison, Bouté lui fit savoir qu'Erart et Jean Dupré avaient fort besoin d'argent, et qu'il leur fallait vendre des rentes : il lui conseillait d'en acheter, « et mieulx que ung autre ». A quoi Gossouyn répondit qu'il avait beaucoup de charges, qu'il ne connaissait pas les dits du Pré, mais qu'il s'en remettait à ce que Bouté ferait. Pendant ce temps les vignes de Bagnolet étaient demeurées en friche et les vendeurs moururent. Après la réduction de Rouen, Gossouyn se rendit chez les héritiers d'Erart du Pré, leur réclamant tous les arrérages de la rente depuis sa constitution, somme qu'il disait monter à 112 1. C'étaient de simples gens qui lui répondirent qu'il avait déjà reçu le paiement de ses arrérages ; à quoi Gossouyn répliqua qu'il leur montrerait des quittances prouvant que ces sommes n'avaient pas été payées ; et il insinua qu'il ferait « bon marché des arrérages » : ce qu'accordèrent les héritiers d'Erart du Pré, pour éviter un procès ; et ils firent une

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