‹ François Villon (volume 2)Chapitre 280 sur 402 · rch. Nat., fol. 59. — 15. Ibid., fol · texte numérisé non relu

rch. Nat., fol. 59. — 15. Ibid., fol

354 FîlA>fÇOIS VILLOÎ^, SA VIE ET SON TEMPS

dans sa <( granche », séant en la rue Montorgucil, 19 tacques de lavure de plomb par le fondeur Jean Monnant '.

Des honneurs officiels avaient été la récompense de ses services, et de sa fortune : le 22 juillet 1461, on le trouve parmi les échcvins de Paris, élu pour faire partie de l'ambassade qui allait vers Louis XI lui porter l'hommage de la ville ^.

Jean Laurens était mort le 19 novembre 1478, date à laquelle on voit Jean François et Jeanne, sa femme, réclamer à ses héritiers les i.ooo écus d'or qu'ils avaient laissés chez lui en garde > : sa fille unique et son héritière avait épousé Pierre Chouart. Sa femme, Catherine Aubrée, était morte avant le 26 avril 1462, laissant des héritages à Meaux et des maisons à Paris 4 : elle était paroissienne de Saint-Jacques la Boucherie 5.

Comment Villon a-t-il pu attaquer un si puissant personnage ? Sans doute parce qu'il était marchand de sel et que les gabcleurs étaient fort décriés.

Ainsi on voit que Nicolas Laurens plaidait contre Jean Etienne Gontier, et Jean d'Appoigny^. Son avocat le disait « bien notable marchant », fournissant de sel plusieurs greniers de ce royaume. Depuis longtemps déjà il avait déposé au grenier d'Auxerrc une grande quantité de sel pour être vendu « à tour de papier 7 ^;, et selon les ordonnances royaux. 11 y avait employé une grande part de son argent qui dormait là. Jadis on vendait à ce grenier, chaque année, de 100 à 120 muids de sel : à présent, on n'en vendait pas 30 muids. C'est pourquoi Laurens se plaignait de Gontier et d'Appoigny qui, en vertu d'un ban de l'évéque d'Auxerre, avaient vendu le sel qu'ils avaient acheté d'autres marchands, au lieu de vendre celui du grenier : et il réclamait 500 1. de dommages et intérêts. Mais l'avocat de la partie adverse laisse entendre que ce n'est pas par désintéressement, ni par la connaissance de son droit, que Laurens agissait ainsi. Certes, il le reconnaissait : Nicolas Laurens était un notable marchand, et contre sa personne il ne voulait rien dire : mais, riche et puissant comme il était, il ne devrait pas rompre le ban. « Ad ce que partie a dit que son sel dort oudit grenier, dit s'il dort, hnpidetur vohîs... »

D'ailleurs Laurens était d'accord avec le grenetier d'Auxerre : pendant le ban, quand les gens voulaient avoir du sel ,on ne pouvait le trouver ; et il venait au grenier le plus tard qu'il pouvait. Il le mesurait avec de fausses

1. Arch. Nat., Z'b/^; le 30 ni;ii 1468, il était .lutorisc de morne à faire foudre 12 taqucs de plomb et à « afHner en VOstel de Clisson » (Ibid.).

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