Arch. Nat., Y
7. Arch. Nat., JJ. 189, pièce 277 ; Reprodiicl'wn fac-similé du manuscrit de Stockholm, p. 30-35. — Il était fermier de la prévôté de Montlhér^ à la Saint Jean-Baptiste de 1458 et touchait le profit de ses exploits : on voit par exemple qu'il eut une affaire avec un certain serviteur vagabond de Marolles dont il voulut faire chanter le maître (Arch. Nat., Z^f 27, 28 mars 1466^ n. st).
puisque, au mois d'octobre 1459,011 le retrouve » clerc de la geolle du Chastellet ' ». C'est donc bien ce douteux personnage qui eut François Villon en garde, par deux fois, en 1462 et en 1463 : le 23 avril 1464, Jean Papin, geôlier de la Conciergerie du Palais, remplissait cette charge au Châtelet ^.
Etienne Garnieret François Mllon pouvaient bien être des amis: l'histoire du voleur, volé sur le chemin de Paris, est digne de figurer dans le recueil des Replies Franches.
Il n'est guère douteux, après cela, que Villon ne fût au courant des subtilités de son gardien. Un mot nous en donne la preuve :
Vous entendez bien joiicherie
dit Villon à Garnier. C'était là un mot de jargon signifiant tromperie 5. Garnier et François entendaient parfiiitement et le mot et la chose.
LU. — PIERRE DE LA DEHORS, M^ boucher et lieutenant
CRIMINEL DU ChATELET
Pierre de la Dehors est dit, le 10 mai 1448, maître es arts, âgé de 24 ans, fils de feu Pierre de la Dehors et d'Agnès le Cousté 4, H avait donc six ans de plus que François Villon.
En 1458, on le trouve comme maître juré de la Grande Boucherie de Paris, et Pierre de la Bretèche est désigné comme son valet boucher. On voit encore que cette année-là Jean Trouvé (celui qu'a nommé Villon dans ses Lais, V. 161), valet boucher de la Grande Boucherie et valet de Jacquet Haussecul, plaidait contre Pierre de la Dehors s. Le 8 novembre 1460, Pierre de la Bretèche occupait l'étal qui lui appartenait, à raison de 20 sous par semaine ^.
Le fait d'être maître boucher n'impliquait pas l'exercice de cette profession ; mais c'était un privilège demeurant l'apanage de quelques vieilles familles parisiennes qui, en raison de leur fortune et du voisinage du Châtelet, donnèrent beaucoup de leurs membres, comme officiers, à cette juridiction. Un avocat dira plus tard de Pierre de la Dehors qu'il était même « noble homme et bien gradué 7 ». II fallait aussi avoir des capitaux pour être boucher ; car les maîtres bouchers avançaient des fonds assez considérables pour l'achat des bêtes à cornes.