Arcli. Nat., X'' 4809, 17 mars 1466, n. st
On ne sait à quelle date, ni à quel titre, il commença d'exercer son office au Châtelet ; ce fut sans doute comme avocat : mais on voit qu'au commencement de l'année 1462, il avait remplacé Martin de Bellefaye, lieutenant criminel, quand celui-ci fut reçu conseiller laïc au Parlement'. C'était là une charge importante. Mais La Dehors n'abandonna pas pour cela ses privilèges de maître boucher. On trouve par exemple que, le 29 janvier 1462 (n. st.), il plaidait contre Andr}' Paroisse, fermier de l'impôt de douze deniers sur le bétail à pieds fourchus vendu à Paris : le lieutenant criminel ne voulait pas acquitter cet impôt sur dix-sept bœufs et, comme Paroisse les avait saisis, La Dehors le fit emprisonner au Châtelet. Il alléguait ses privilèges de boucher de la Grande Boucherie de Paris, qui venaient d'être confirmés par le nouveau roi ; et il déclarait encore devoir jouir de franchise, comme monnayer du Serment de France. Pierre de la Dehors avait donc quelque chose à voir également dans la fabrication des monnaies. Un jugement fut rendu en sa faveur ^. Pierre de la Dehors était allié enfin avec les familles des bouchers de la Grande Boucherie : il avait épousé Jeanne Haussecul, fille de Jean Haussecul, maître boucher; il était donc beau-frère de Jean Sevestre, procureur au Châtelet, qui avait épousé Geneviève Haussecul. 11 continua toute sa vie de porter un grand intérêt à cette corporation >. Sa faveur eut à subir une éclipse : il dut soutenir ses droits et s'opposer aux lettres du roi Louis XI qui venait de donner son office à Henri Mariette, le 6 mars 14644 ; il entendait ne pas être désappointé de son office sans avoir été ouï, et il alléguait que, pendant deux ans, il avait joui de sa charge sans avoir encouru aucun reproche. Le prévôt ne voulait pas l'écouter et La Dehors se disait spolié >. Quant à Mercier, avocat d'Henri Mariette, il répliquait « que le roy, pour certaines causes qui l'ont meu, a mis hors l'appelant de l'office, et depuis y a eu deux lieutenans, videlicet Fornier et La Chapelle, jusqu'à ce que le roy a donné l'office à l'intimé... »
On voit Pierre de la Dehors, le 9 avril 1470, comme avocat au Châtelet, s'opposer, avec Jean Mautaint, aux criées des héritages de feu Charles de Melun^. On trouve, le 28 mars 1476, dans un procès entre l'évéque de Paris et le prévôt, une allusion à sa dureté envers les clercs parisiens : « Dit que La Dehors est coustumier de faire beaucoup de vexacions aux clercs que on lui requiert, et ne tient maintenant la forme ancienne. Car anciennement, quant ung clerc estoit amené, on lui faisoit son registre et mestoit en teste ung O. pour le rendre et ne paier que xii d. pour escroe. Et estoient les promoteurs presens chacun jour et estoient renduz sans question ; mais maintenant, quant aucuns clercs sont prisonniers, La Dehors dist que il ne lesren-