‹ François Villon (volume 2)Chapitre 47 sur 402 · Voir le fac-similé du rapport de Rabustel · texte numérisé non relu

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3. A. Longnon, Etude biographique, p. 1 50-1 51 (d'après Arch. Nat., X»» 28).

calice commis en l'église Saint-Jean en Grève, que Montigny avait crochetée.

Montigny avait opéré avec Nicolas de Launay qui, lui, avait fracturé l'armoire renfermant le calice ; ils avaient en outre visité deux ou trois coffres où ils rencontrèrent un calice de laiton qu'ils n'emportèrent pas, une autre armoire contenant un livre d'Heures.

Nicolas de Launay et Montigny s'en furent alors trouver jacquet Le Grand, l'orfèvre, qui leur acheta la burette et des morceaux du calice. Mais avant que le marchand eût tout fondu, le clerc de Saint-Jean en Grève était venu le prévenir qu'un calice avait été volé. L'orfèvre, estimant qu'il allait perdre son argent en révélant à la justice qu'il venait d'acquérir un calice en pièces, avait continué sa fonte. Sur quoi on le fit prisonnier, en raison aussi d'autres peccadilles, comme d'avoir surfait le prix d'un anneau de cuivre doré garni d'une pierre vermeille et la valeur de bagues en laiton'.

Le procureur du roi, Barbin, chargea à fond ce mauvais fils qu'était Montigny. Par trois fois déjà, il avait été mis au Châtelet et rendu à l'évêque de Paris sans qu'on le vît jamais s'amender. Il avait été emprisonné à Tours, à Rouen, à Bordeaux. Le procureur le dénonçait comme un pipeur, c'est-àdire un dangereux tricheur au jeu, un « goliard » tombé au plus profond du mal. Et Jacquet Le Grand, lui aussi, n'était qu'un receleur de pipeurs.

La requête de l'évêque, en pareil cas, était formelle. Montigny, répliqua l'avocat Luillier, était clerc, non marié, portant habit et tonsure. La connaissance de ses méfaits appartenait donc à l'évêque, malgré son lourd passé ; et même comme incorrigible, il devait comparaître devant la juridiction ecclésiastique. Mais le conseil décida que Montigny et Le Grand ne

I. Arch. Nat., JJ. 189, p. 200 (Rémission pour Jacquet Le Grand du mois de septembre 1457); le ai, Eustache de la Fontaine, prêtre, s'opposait à l'entérinement de cette lettre de rémission délivrée à la requête de la femme et de la fille de Le Grand, qui allait se marier ; elles avaient promis à Saint-Jean un calice de 10 1. (Arch. Nat., X" 28).

seraient pas rendus à 1 evêque : ils demeureront justiciables du tribunal laïc « pour leur fere leur procès et administrer bon et briet accomplissement de justice' ». Le 9 septembre, le Parlement confirmait la sentence du prévôt qui condamnait Montigny à être « pendu et étranglé ^ ».

Quel scandale, quelle douleur pour la famille de ce « noble homme » ! Ses oncles de Canlers, ses cousins les Braque, les Breban, les Saint-Benoît, les Saint-Amand, les Danes, les Chartrain, les Claustre, les Montigny, ceux-là que nous avons trouvés dans des charges si honorables de l'administration des finances, de la justice, de l'église ! Sa sœur cadette, Jeanne, qui était enceinte, eut seule le courage d'élever la voix au nom des parents et amis de Montigny, « dont la plupart sont gens d'estat et nos officiers » dira la rémission royale qui intervint après l'arrêt de mort, le même jour : mais ils se gardaient bien de se nommer, en cette triste affaire. La bonne Jeanne allégua qu'elle mourrait sûrement de voir son frère exécuté ; qu'une autre de ses soeurs allait bientôt se marier. Elle demandait grâce, au nom de l'enfant qui allait naître, en faveur de cet enfant perdu, son frère'. Et les parents de Montigny témoignaient de son repentir, assuraient qu'il se conduirait désormais à l'honneur de ses amis, « ainsi que ung enffant de bien, yssu de notable generacion doit faire ». La prison, la question qu'il avait endurées lui serviraient de leçon ; désormais on le verrait mener vie bonne et honnête, et ferme dans son propos de persévérer dans le bien. Sur ce, le roi lui accordait ses lettres de rémission, moyennant qu'il tiendrait étroite prison basse, par l'espace d'un an, au pain et à l'eau : après quoi il devra aller en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle et rapporter un certificat du maîjre de l'église. Or, dans cette lettre de grâce, on énonçait le vol du calice de Saint-Jean en Grève ; Montigny y était déclaré complice d'un crochetage en l'église des Quinze- Vingts où deux burettes d'argent avaient été enlevées. A Poi-

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