‹ François Villon (volume 2)Chapitre 55 sur 402 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Au moyen âge on a beaucoup vagabondé sur les routes. La vie nomade n'avait pas ce caractère d'exception qu'elle a maintenant chez nous '. C'était l'existence normale de tous les voyageurs ; on les rencontrait fort nombreux à cette époque où, pour le moindre prétexte, on se mettait en route à travers le monde :

On ne voit rien qui ne va hors ^.

Il suffisait pour cela de revêtir un gros manteau, de prendre un bâton. Les femmes et les gens à leur aise montaient à mule ; les soldats, à cheval ; les princesses roulaient dans ces chariots suspendus qui constituaient alors un luxe fabuleux.

On aurait tort de croire, surtout à l'époque où Villon se mit en marche, que les chemins appartenaient exclusivement aux routiers ou à leurs successeurs, les brigands des bois K Les relations étaient devenues assez fréquentes de ville à ville, surtout après la paix anglaise, et même depuis les trêves * ; si les fleuves continuaient à tenir lieu de grandes routes commerciales, à servir au transport du blé et du vin, c'était autant

1. C'est ce qu'a déjà noté M. J. J. Jusserand dans son bel ouvrage, La vie nomade et les roules d'Angleterre anxix^ siècle. Paris, 1884, in-12.

2. Le Pèlerin passant (fin du règne de Louis XI) dans Leroux de Lincy, Recueil de Farces, III.

3. Pierre Champion, Notes pour servir à Thistoire des classes dangereuses, ap. L. Sainéan.

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