‹ François Villon (volume 2)Chapitre 56 sur 402 · Mathieu d'Hscouchy, éd. de Beaucourt, I, p · texte numérisé non relu

Mathieu d'Hscouchy, éd. de Beaucourt, I, p

pour des raisons d'économie que de sécurité. D'ailleurs on marchait rarement seul ; on allait par groupes et en armes. Certes, on pouvait encore, surtout dans la traversée des bois, rencontrer de ces bandits, épieurs de grands chemins, qui dévalisaient principalement les marchands, et portaient parfois des masques, de « faux visages » ; mais les voleurs ne risquaient plus volontiers de ces dangereuses opérations : les malfaiteurs étaient alors, comme on l'a vu, surtout des faux-monnayeurs et des crocheteurs. On pense bien qu'un homme comme Villon n'avait rien à redouter d'eux; il était de leurs amis, et léger d'argent :

Qui porte argent porte sa mort '.

On rencontrait donc en ce temps-là sur les routes de France beaucoup de monde : on y voyait parfois des seigneurs, des hérauts qui portaient leurs missives; de « maigres poursuivants » ayant sur leur cotte le blason aux émaux de leur maître ; des juges enquêteurs ; on y croisait beaucoup de marchands, un très grand nombre de pèlerins chantant des cantiques pour écarter les larrons ■ et, parmi eux, de pauvres gens, des femmes, qui allaient surtout au Puy-en-Velay ; des religieux montrant des reliques, vraies ou fausses ; des quêteurs qui promenaient des indulgences suspectes ; des condamnés, libérés sous condition de leur prison, à qui on imposait un pèlerinage à Saint-Jacques ou à Notre-Dame de Liesse, portant un cierge à la main et récitant des prières pour le roi et la prospérité du royaume ' ; des charlatans qui vendaient de la thériaque ; des merciers qui déballaient leur pacotille et débitaient des écritoires, des chapelets, des dés à jouer, des cartes ; des ménétriers, et parmi eux des aveugles con-

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