‹ François Villon (volume 2)Chapitre 9 sur 402 · Amour plus dur que le fer ne l'est à mâcher · texte numérisé non relu

Amour plus dur que le fer ne l'est à mâcher

Nommer que puis de ma desfaçon seur ', Cherme félon, la mort d'ung povre cuer, Orgueil mussié ^ qui gens met au mourir, Yeulx sans pitié, ne veulx 5 droicte Rigueur, Sans empirer, ung povre secourir ?

Mieulx m'eust valu avoir esté serchier Ailleurs secours : c'eust esté mon onneur ; Riens ne m'eust sceu hors de ce fait hachier. Trotter m'en fault en fuyte, a deshonneur. Haro, haro, le grant et le mineur 4 ! Et qu'est ce cy ? Mourray sans coup ferir? Ou Pitié veult, selon ceste teneur, Sans empirer, ung povre secourir ?

Vng temps viendra qui feradessechier, launir, flestrir vostre espanye fleur ; le m'en risse, se tant peusse marchier Lors ; mais nennil, ce seroitdonc foleur : Las, viel seray ; vous, laide, sans couleur. Or beuvez fort, tant que ru peut courir > ; Ne donnez pas a tous ceste douleur, Sans empirer, ung povre secourir.

Prince amoureux, des amans le greigneur^, Vostre mal gré ne vouldroye encourir, Mais tout franc cuer doit pour Nostre Seigneur, Sans empirer, ung povre secourir !

Tels étaient alors les pensers, le fade et mauvais langage, les soucis amoureux du jeune maître es arts : peines feintes ou réelles qu'il exaltait à la mode de son âge. Il aurait pu continuer longtemps, sur ce ton, à se désespérer de Catherine

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