‹ François Villon (volume 2)Chapitre 8 sur 402 · BALLADE · texte numérisé non relu

BALLADE

Faulse beauté qui tant me couste chier. Rude en effect, ypocrite doulceur.

Amour dure plus que fer a maschier 5,

1. Il est fait allusion à la lubricité de ce personnage dans Renart le Contrefait (2e version, v. 943-4)

Oncques Michault qui en mourut — Si volentiers ouvrier n'en fut. A la façon dont Villon parle de ce légendaire personnage, il semble qu'il ait cru voir son tombeau lors de son passage à Saint-Satur (Cher). Voir plus loin ch. XIII.

2. Equivoque sur la lettre r (erre) qui termine en effet chaque mot de la ballade. L'alphabet est un sujet sur lequel les poètes du moyen âge aimaient à s'exercer. Huon le Roi, de Cambrai, rima Li Aheces par Ekivoche dont M. Artur Langson a donné une excellente édition (Helsinki, 191 1), qui éclaire très heureusement une petite pièce joyeuse, Ballade de VABC, datant du xve siècle (Pierre Champion, Ballades et autres pièces joyeuses dans la Revue de Philologie Française, 1907, XXI, p. 196). Voici ce que Huon le Roi nous dit de la lettre R :

R est une lettre qui graingne : — De félonie adès engraingne. — Sans R ne puet on nomer — Riche mauvais ne renomer — La mauvaistié de son vil los. — Qjiant li waildiaus vient ronger l'os — Et aultres ciens, vient pour prendre, — Sans R ne le puet défendre... Cf. ce Simple souhait, qu'on lit dans les Bons et très titilles enseigneviens : Sain et saulve c'est mon souhait : — Il est doulx, il n'y a point de R. — Toujours désire estre dehait — Sain et saulve [etc.] — S'aulcun homme ou femme me hait — C'est à tort, si je suis sur terre — Sain et saulve [etc.].

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