‹ François Villon (volume 2)Chapitre 98 sur 402 · T., h. 27. Cf. t. L p · texte numérisé non relu

T., h. 27. Cf. t. L p

4. Job, VU, 6. Très belle comparaison (Marot). — Cf. Bristish Muséum, ms. Lansdowne, 380 :

Ma vie est trop plustot coppée Que la toille du tissérant.

Et François se demande où sont les gracieux compagnons de sa jeunesse : les uns sont morts, d'autres sont devenus de grands seigneurs et « des maîtres » ' ; il y en a qui mendient tandis que d'autres sont entrés dans les riches couvents des Célestins et des Chartreux. Au sujet des « grands maîtres » Villon n'a rien à dire : ils vivront toujours en paix et en repos ; mais, à un misérable comme lui, le mieux est que Dieu accorde le don de patience. Les religieux au surplus ne manquent vraiment de rien : ici le pauvre au ventre affamé renifle bons vins et bonnes viandes ^

Au tond cette digression ne le concerne pas ' : Villon n'est pas leur juge, lui, le plus imparfait de tous ; passons à un autre sujet, et comme on disait alors proverbialement :

Laissons le moustier ou il est 4.

Car la parole du pauvre ne saurait être qu'amertume ; et Villon nous l'affirme :

Povre je suis de ma jeunesse !

Mais François entend aussitôt la voix de son cœur qui le réconforte : « Tu n'as pas la fortune proverbiale de l'argentier et banquier du roi, Jacques Cœur ^ ; mais il vaut mieux vivre sous de gros habits de bure que de pourrir sous un riche tombeau, ou avoir été seigneur ». Cette pensée lui remet en mémoire les paroles du Psalmiste ^ : « L'homme, ses jours sont comme l'herbe ; il fleurit comme la fleur des champs. Lorsqu'un vent

1. Cf. Cent Nouvelles, l, 52 : « or sont venuz maistre Pierre, maistre Jehan, maistre cy, maistre là... »

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